We are wolves s’en vient avec WRONG

 

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Le désormais mythique trio We Are Wolves impose une musique honnête et libre comme la foudre céleste sur la montagne sacrée. Habités, ils peignent un paysage post-punk ponctué d’arbres analogues. Toujours, leur son primitif est fidèle à leur animal totem : indomptable.

 D’où vient le nom du projet? Ça fait assez longtemps… À mon souvenir, ça ne faisait pas très longtemps qu’on jouait de la musique. On commençait à avoir des chansons à jouer et, étant plutôt bricoleurs et adeptes du «D.I.Y.», on testait des noms de groupes directement sur des t-shirts avec un stencil et de la peinture en aérosol. L’intention était de visualiser graphiquement le nom du band, un peu comme un logo. Un jour, Alexander s’est pointé à la répète avec un t-shirt «WE ARE WOLVES». Moi et Antonin (notre batteur de l’époque) avons tous les deux demandé: «WE ARE WOLVES? C’est quoi ça?». On dirait que c’était une réaction suffisante pour l’adopter. C’est vraiment dur de trouver un nom de groupe. En fait, c’est faux. C’est vraiment facile de trouver des noms de groupe, un peu en niaisant, mais c’est ultra difficile de s’y commettre. Tu n’as qu’une seule chance et ensuite ça devient une partie de ton identité pour des années.

Qu’est-ce qui joue en ce moment dans votre voiture? Euh… j’ai pas de voiture, mais j’écoute surtout des podcasts (des balados?). J’aime particulièrement un podcast qui se nomme «99% Invisible», malheureusement uniquement en anglais. Ça traite du design sous toutes ses formes, tant graphique qu’industriel, architecture, urbanisme, etc. Ils nous parlent autant du processus que des répercussions sur les individus et nos sociétés. Je vous le recommande fortement.

Vous pouvez nommer une mauvaise habitude en tournée? Je suis du type plutôt anxieux, donc ayant plus de temps pour angoisser, j’ai tendance à fumer plus de cigarettes qu’à l’habitude.

Une phrase que vous dites souvent en concert? C’est pas bon signe mais j’ai l’impression de dire souvent «je suis vraiment désolé mais on a un petit problème technique…»

Le plus beau commentaire reçu jusqu’à présent pour votre album? Je sais pas trop pour les autres, mais plusieurs personnes m’ont dit qu’ils considéraient WRONG comme étant le meilleur de nos 5 albums. Ça a l’air de rien, mais pour moi qui a constamment la face dedans, savoir que des gens qui connaissent déjà le groupe puissent continuer à cheminer avec nous est quelque chose de très réconfortant. Évidemment, pour nous, le dernier album est toujours le meilleur album. C’est vraiment cool de constater que ça peut être réciproque.

Une pièce que vous auriez aimé composer? Désolé, mais je ne peux pas répondre à ça simplement! Je suis incapable de m’imaginer être à l’origine de la création d’un autre. Chaque artiste possède son langage, qui est à son tour le résultat de son contexte. Par contre, il y a une multitude de musiques qui m’influencent constamment et j’ai énormément de respect pour leurs créateurs.

Votre expression ou citation préférée? «Fuck the knot», ça vient d’un dessin de David Shrigley. Il y a tellement de câbles et de fils dans ma vie, c’est incroyable. J’ai beau faire super attention, ils sont toujours emmêlés. Donc quand je dois démêler des fils, je me dis «fuck the knot».

L’artiste qui vous inspire le plus (toutes catégories confondues)? Pourquoi? Je suis incapable de faire des «tops» à la Buzzfeed. Pas non plus capable de choisir une couleur préférée. Ceci dit, un des artistes que j’aime depuis longtemps est Roman Signer. C’est un vieux suisse qui fait des sculptures/performances/vidéo/installations, souvent avec des explosifs, mais toujours avec un certain humour. À date, je ne m’en tanne pas.

Qu’est-ce qu’on pourra lire sur votre épitaphe? Shit! C’est vrai! Je devrais commencer à penser à ça tout de suite! Ça serait plate que quelqu’un d’autre doive checker ça le moment venu.

Un conseil pour nos enfants? Les adultes ne sont pas aussi grands qu’ils le prétendent. Plus on parle leur langage, plus on peut leur tenir tête.

Vincent Levesque de WE ARE WOLVES

Le samedi 12 novembre, la soirée débute à 20h, à la Coopérative Paradis du 274, avenue Michaud à Rimouski. Les billets sont en prévente au coût de 15$ chez Audition Musik ou sur Epasslive.com  et 20$ à la porte. La carte de fidélité du Paradis est acceptée.

Soirée pour tous avec service de bar.

Un joyeux anniversaire à Dare To Care

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À l’occasion des 15 ans de Dare to Care Records, Avec pas d’casque, Émile Bilodeau et Fanny Bloom sont passés nous voir. Deux d’entre eux ont passé le test de notre désormais fameux questionnaire.

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Suite au succès de l’album Astronomie, Avec pas d’casque est de retour dans le paysage musical québécois avec cette même essence alliant la poésie du quotidien et le folk aérien, puisant sa force dans l’authenticité et la véracité du contact humain. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur eux.

D’où vient le nom du projet?  C’est une expression que le chroniqueur sportif Jean Dion utilisait souvent pour parler de l’époque où les joueurs de hockey ne portaient pas de casque. C’est la contradiction de l’expression («avec» et «pas») qui nous avait plu à l’époque.

Qu’est-ce qui joue en ce moment dans votre voiture? C’est assez varié. Ça dépend qui est assis dans le siège passager.

Une phrase que vous dites souvent en concert? Possiblement: «Je promets que la journée qui s’en vient est flambant neuve.»

Le plus beau commentaire reçu jusqu’à présent pour votre album?  Ce qui est le plus fascinant pour nous, c’est souvent de se faire dire dans quel contexte notre musique a été présentée. Pendant une traversée de l’Atlantique en voilier, pendant une période difficile, pendant un accouchement, pendant un roadtrip, après une rupture. Tous les matins en allant travailler. Dans un chalet. Le plus beau commentaire, c’est de savoir que notre musique existe même quand nous n’y sommes pas.

Une pièce que vous auriez aimé composer? Nos corps, de Jimmy Hunt.

Votre expression ou citation préférée?  Joël (le batteur du groupe) dit souvent : «Une autre journée parfaite !». Il a généralement raison.

L’artiste qui vous inspire le plus et pourquoi? Trop difficile de ramener ça à une personne. Les esprits libres nous inspirent, en général.

Un conseil pour nos enfants? Faites à votre tête, souvent.

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Fanny Bloom lance un album-qui-porte-son-nom, intime, collé à elle, son préféré, le plus intérieur, empreint d’une sensibilité qu’elle seule peut arriver à recréer. Nous avons eu envie de faire une incursion dans cet univers.

 D’où vient le nom du projet? Fanny Bloom? C’est un secret🙂

Qu’est-ce qui joue en ce moment dans votre voiture? Matt Holubowski, Amylie, Claude Léveillée

Vous pouvez nommer une mauvaise habitude en tournée? Comme beaucoup d’autres musiciens je pense, je ne mange pas super bien!

Le plus beau commentaire reçu jusqu’à présent pour votre album? Que mon album est exactement ce dont la personne avait besoin en ce moment. Comme des planètes alignées. Ça m’est arrivé plusieurs fois et chaque fois, je trouve ça spécial.

Une pièce que vous auriez aimé composer? Dis, quand reviendras-tu? de Barbara, elle est d’ailleurs sur mon dernier album.

Votre expression ou citation préférée? Je dis souvent: À cheval donné, on ne regarde pas la bride. Ça n’a rien à voir avec la musique. Je dis ça souvent parce que je trouve qu’on se plaint beaucoup, même quand on se fait donner des trucs tout cuit dans l’bec.

Un conseil pour nos enfants? Les enfants vous êtes si beaux. Essayez de garder cette innocence et cette curiosité qui vous habitent tant. C’est le moteur qui alimente beaucoup de rêves.

Sur les traces d’Arthur

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Sur les traces d’Arthur, documentaire de Saël Lacroix

Présenté au cinéma Paraloeil, mercredi 2 novembre 2016 à 19h30, en pré-ouverture du Salon du Livre de Rimouski en partenariat avec la Librairie L’Alphabet, suivi d’une table-ronde sur la bande dessinée.

Lorsque démarre le film de Saël Lacroix consacré à Arthur Montpetit, nous sommes loin de nous douter du degré de profondeur existentielle à laquelle nous allons assister. En 1h15 c’est à un voyage dans le temps d’un Québec en pleine effervescence créatrice, dans le temps des idéaux sublimes et face à une féroce critique de la société,  que nous sommes conviés. C’est également à la recherche d’un homme disparu, un homme ayant coupé les ponts avec tous les membres du milieu de l’art et de la création et dont lui-même faisait totalement partie intégrante, que nous allons partir.

Après une quinzaine de minutes d’introduction présentant tranquillement les compagnons de crayons affûtés et d’imaginaires survoltés du Bédéiste culte (on y croise Chapleau devant sa table à dessin, André Gladu et son œil malicieux dans un café Montréalais ou encore Claude Haeffely et son carré rouge de circonstance), on cible un peu plus à qui nous avons affaire. Toutes et tous racontent la même histoire d’un homme étrange, sauvage, véritable étoile filante du dessin et de l’illustration, aussi à l’aise avec un stylo et un carnet de croquis, que distant et absent en compagnie de ses congénères. Petit à petit, Arthur apparaît et on comprend la profession de foi du réalisateur. À l’origine de ce documentaire, il y avait chez Saël Lacroix, la volonté de faire un film présentant fusion des arts, un collectif d’artistes qui envisageaient l’art comme une création collective anonyme et populaire. Une belle bande de joyeux drilles, amuseurs publics prenant la vie avec humour non sans manquer d’un certain panache. Des gais lurons capables de se moquer de tout le monde, tout le temps sans jamais oublier d’être tendre et amoureux du genre humain. Des anarchistes artistiques capables de mettre sur pied des projets complètement tarabiscotés et porteurs d’une espèce d’idéal assez indéfinissable mais finalement très libérateur. Nous sommes vers la fin des années soixante et le printemps de la Bande dessinée souffle sur le Québec.

Arthur Montpetit est en train de révolutionner le monde de l’illustration. La décision de faire un film dont il sera le personnage central fleurit alors dans l’imaginaire de l’équipe de tournage et s’impose comme une évidence. Qu’est-il devenu ? Est-il encore en vie ? Où est-il ? Pourquoi cette disparition soudaine ? C’est à ces questions que le documentaire, ainsi que les personnes ayant connu Arthur,  tentent de répondre. L’histoire et le parcours de cet homme prennent alors une tournure que l’on n’attend pas. Elle sert de fil directeur nous permettant de connaître un pan méconnu de l’histoire de la culture québécoise et ouvre sur une réflexion beaucoup plus importante sur l’histoire et le devenir de cette nation. Comme le dit André Gladu « Il portait quelque chose de profondément québécois, comme une sorte de tare ou un mauvais sort […] qui fait que dès que ça commence à aller bien, cela devient dangereux, il y a une menace ». Un peu comme si Arthur, à travers sa vie et son art, racontait quelque chose de plus fondamental et d’universel sur la condition humaine.

Enfin pour conclure il faut souligner la forme même du documentaire qui mêle adroitement des entretiens de plus en plus touchants, des crayonnés animés époustouflants d’intelligence et totalement cohérents avec le thème, des images d’archives surréalistes, survoltées et envoûtantes, ainsi que des extraits d’articles de presse et d’œuvres d’Arthur Montpetit, témoignant du génie visionnaire de cet artiste hors du commun, profondément rock’n’roll et diablement humain. Inratable.

Louis Poulain

Chroniqueur et collaborateur pour le cinéma Paralœil