Aviva, retour vers le futur !

La coop Paradis au centre-ville de Rimouski

L’automne dernier, le Paradis déposait sa candidature au Fonds Communautaire Aviva dans l’espoir de remporter la modique somme de 150 000 $ pour son projet de complexe culturel au centre-ville de Rimouski.

On se souvient que la compétition consistait à se qualifier, lors d’une première ronde, puis lors de la demi-finale, dans les 10 premiers de sa catégorie parmi des centaines de projet en lice.

Constatant qu’il n’était pas utopique d’espérer atteindre la demi-finale, partages facebook, tweet, retweet et communiqués de presse furent le gros de la stratégie de promotion.

Mais une fois qualifié, voyant la finale à l’horizon, voyant l’opportunité de se faire financer une part du projet pour lequel le Paradis se démène depuis plus de 5 ans, une campagne plus conséquente fut envisagée.

Les idées fusent de toutes parts lors d’une réunion du petit comité regroupé pour l’occasion. Le hic : le budget est inexistant, le temps presse, les employés du Paradis sont déjà surchargés et les quelques bénévoles n’ont pas de temps à revendre.

Qu’importe ! Ce projet, on y croit et on ne passera pas à côté d’une telle occasion. On laisse de côté les idées de luxe et on opte pour une campagne sous le thème votezparadis.com, bien plus facile à communiquer que l’horrible url de notre fiche sur le site d’Aviva. Quelques dizaines de dollars sont investit dans le nom de domaine, dans des signets et des affiches dévoilant maquette du nouveau Paradis, nom de domaine et code QR pour les téléphones mobiles.

On concocte vite fait, enfin… on concocte… un plugin Web qui s’affiche dans un coin de la page Web, qui s’étire pour ensuite se refermer. Vous savez, le genre de truc achalant en temps normal, mais comme le nôtre était pour une bonne cause…

Les membres du Paradis promeuvent sur facebook, twitter, leurs sites, leurs infolettres… Quelques partenaires embarquent et installent le plugin. La ville met le visuel et le lien sur la page d’accueil de leur site Web. Et c’est sans parler de la population qui vote et qui bouche-à-oreille le concours : nos voisins votaient chaque jour et ont même harcelé leur fils à Montréal et leur fille à Sept-Îles pour qu’ils fassent de même ! La directrice a trouvé le temps de tourner quelques capsules avec le maire, le conseil de la culture, le CLD. Quelques interventions radiophoniques. Bref, une super mobilisation qui nous a propulsée en finale ! Bon, propulsé en 9ème place, donc pas loin du pied du podium mais l’important était la finale.

Le devoir accompli, nous estimions très bonnes nos chances de nous retrouver parmi les gagnants puisque nous répondions haut la main à tous les critères de sélections :

L’impact : « À quel point les gens seront-ils touchés par cette idée et le besoin en est-il urgent? Combien de personnes profiteront de cette idée et celle-ci réussira-t-elle à convaincre un vaste public? »

            Le projet est unique au Canada sous la forme coopérative. Il profite à toute la population et représente une importante valeur ajoutée touristique, d’autant plus qu’il mettra en valeur un bâtiment désuet et en partie inutilisé. Il permettra le maintien et la création d’emplois. Le besoin est urgent car le bâtiment actuel vieilli, car la construction doit se réaliser parallèlement au chantier des deux tours pour réduire les frais, car les aides aux organismes culturels sont réduites et qu’un tel projet sous forme de coopérative réduira les dépenses tout en augmentant les revenus autonomes, car un besoin d’espace et d’équipements tels que ceux envisagés à Rimouski a déjà clairement été identifié. La mobilisation observée lors du concours, considérant le peu de temps et d’argent pour en faire la promotion, démontre également un enthousiasme certain.

Chance de succès : « Y a-t-il une forte probabilité d’exécution rapide et fructueuse de cette idée? »

            Toutes les étoiles sont alignées. Le concept est bon, la viabilité calculée. Le projet est accepté par les hautes instances gouvernementales. On dépend cependant du bon huilage des engrenages administratifs.

Longévité et durabilité : « L’effet durera combien de temps? Cette idée nécessitera-t-elle plus de fonds que la demande initiale? Si oui, y a-t-il un plan pour obtenir des fonds supplémentaires? »

            L’effet sera permanent et même croissant ! Et tous les plans sont attachés au dossier : les plans financiers, les plans d’aménagement, les plans A, les plans B, les plans de vols, d’épargnes. Voyez la directrice, elle a le plan qu’il vous faut !

Originalité : « L’idée est-elle originale? »

            Son caractère unique rend à lui seul le projet original mais ce n’est pas tout. Le regroupement de plusieurs organismes culturels favorise la création et la diffusion de la culture, et n’oublions pas que c’est en région ! Nous ne parlons pas seulement des organismes membres de la coop puisque les espaces et équipements seront disponibles à tous. Comme pour bon nombre des autres idées, le projet du Paradis répondait aux besoins des jeunes que ce soit par les activités proposées par les membres, les spectacles diffusés et les locaux rendus disponibles pour la musique ou la danse par exemple.

Qualité de la soumission : « Est-ce que beaucoup d’efforts ont été consacrés à la qualité de la soumission? A-t-elle été bien conçue et expliquée clairement? »

            Je pense que la soumission du Paradis était claire et fortement détaillée malgré la complexité du complexe (culturel). Peut-être était-ce cela le problème, l’impact est sur tant de fronts qu’il devient difficile à cerner. Les autres finalistes présentait un projet de cour d’école, de skate-park ou de refuge pour animaux par exemple, avec une mission principale unique.

Le jury a calculé puis jugé et d’autres nous ont surclassé. Je félicite d’ailleurs les gagnants ainsi que Rikitik, l’autre projet rimouskois qui s’est rendu aux portes de la finale.

La question que je me pose : Le Paradis devrait-il participer à nouveau l’an prochain ? Nous sommes plusieurs à avoir jauni nos pages facebook du logo Aviva pendant toute la durée du concours (démontrant ainsi la bonne stratégie marketing de la compagnie d’assurances…), allons-nous perdre des amis si nous récidivons ? Personnellement, je prendrai ce risque qui finalement n’en est pas un. On bénéficierait de plus de l’expérience et très certainement des appuis de la première participation.

Si ma mémoire est bonne, le projet qui a terminé en tête avait accumulé entre 20 000 et 30 000 votes lors de la demi-finale. De nos jours, la réussite d’un parti, d’une entreprise, d’un concours est une question de publicité. Bien que le soutien de la population pour le projet était inespérée, si nous faisons quelques calculs rapides, considérant que chaque personne pouvait voter chaque jour pendant 10 jours, elle aurait pu être bien au-delà sans effort, sans contribution si ce n’est un peu de temps et avec plaisir puisque la concrétisation est au bénéfice de tous. Atteindre 50 000 votes (facilement) loin devant la deuxième place représente également un élément d’importance que le jury a à considérer.

Si mon statut de travailleur autonome me laissait plus de temps, je serais tenté de concevoir un site web dont l’unique objectif serait d’accumuler les adresses électroniques de toutes personnes ayant à coeur l’épanouissement de notre région. Ces dernières seraient alors sollicitées pour des causes comme celle du Paradis. Le rapport « temps investit par l’internaute / bénéfice pour la région » serait immense. Très peu d’effort pour un résultat potentiel d’envergure. Une situation gagnant-gagnant qui démontrerait une belle unité sans doute enviée puis copiée par d’autres municipalités, par d’autres régions.

Et vous ? Seriez-vous partant pour une 2eme participation ?

Thomas

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L’histoire d’un spectacle – La soirée des Patriotes

Julie et moi on marchait dans la rue en direction du Bien et le malt pour aller rejoindre Robin à un 5 à 7.

Un gars habillé en armée nous arrête et nous dit Tenez. Il nous donne un ti-papier nous invitant à rejoindre les rangs de la milice québécoise. Il dit aussi : C’est pour la milice québécoise. On recrute.

Je l’ai regardé dans les yeux 2 secondes. Deux longues secondes. Puis nous sommes entrés dans le bar.

Il y avait une soirée de financement pour la marche des Patriotes. On a trouvé une table difficilement. La place débordait. L’ambiance était bonne. Ça sentait la bonne bouffe aussi.

Un gars, assez jeune, est monté sur une estrade. Il a fait un discours. Ça parlait de politique et de où on pouvait acheter des tickets pour avoir de la nourriture.

Un autre gars, plus âgé un peu, a fait aussi un discours. Bonne soirée ! qu’il a dit à la fin. On se revoit à la marche !

La marche des Patriotes. La version québécoise de la fête de la Reine. En mai.

Je me souviens. Je me souviens de mon pote Marco qui me demandait chaque année d’aller à la marche. Il finissait souvent par être pas beaucoup et lui, devant, tenant un immense drapeau des Patriotes, il menait la marche, confiant, sûr de sa cause.

La marche des Patriotes.

Et pourquoi on ferait pas une after-marche ? Han Julie ?

De quoi tu parles ?

Une after-marche !

Tu pourrais au moins le dire en français.

T’as raison Julie. Ce sera La soirée des Patriotes.

Après la marche ?

Oui Julie. Après la marche.

Bon y’est où Robin ?

Je ne sais pas Julie. La soirée des Patriotes.

Bon décroche là. Moi j’m’en vas.

Salut. On se reverra à. La soirée. Des. Patriotes.

________

Louis

Un slogan vaut mille maux…

Un slogan vaut mille maux...

Sous le logo du Paradis, on peut lire « Coopérative de Solidarité ».

Coooooooooooooooooooooool !

Mais… qu’est-ce que c’est ?

Si on cherche un peu on trouve « qu’elle se caractérise par la diversification de son membership, par des membres qui ont un réel pouvoir démocratique, que la propriété est collective, que les principes tournent autour du partage, de la solidarité, …  », mais le problème, c’est qu’il faut… chercher un peu !

Soit ! Le Paradis a des valeurs que tout organisme devrait avoir. Malheureusement,  on vit dans un monde où c’est la loi de celui qui tire la couvert’ le plus fort. Mais ceci dit, à part avoir des principes, il fait quoi le Paradis ?

Ben zut, faut chercher encore !

Je google naïvement « il fait quoi le Paradis » et je tombe sur « femmes musulmanes au paradis », « le paradis fiscal » et « le paradis des citations »…

Tout ça commence à être bien compliqué…

« Paradis Rimouski » sera plus concluant ! Me voilà donc sur le site de la coop où je peux lire : « est un espace de travail, de diffusion et de création artistique… », « ayant pour mandat de soutenir l’ensemble de la communauté culturelle en rendant ses lieux accessibles et toutes et à tous », « mission sociale ambitieuse : contribuer à l’épanouissement de la pratique artistique de la région », « communauté », « multidisciplinaire », « portée de tous », « échange et synergie », « lieux, équipements et expertise mis en commun »…

Diable ! Pis on veut quoi déjà ? Un slogan bref, frappant et sexy qui résume tout ça ?

Comme je ne suis pas un artiste mais que j’aurais bien voulu l’être, j’aime ce genre de défi. Il y a 4 ou 5 mots quelque part qui, associés ensemble, formeraient le slogan qui tue. On ne veut pas écrire un poème ou un roman, non ! 4 ou 5 mots ! Même si quelqu’un a dit un jour que ma qualité première n’était pas l’esprit de synthèse, Julie ? non… elle n’aurait jamais osée… whatever ! Le challenge doit bien être à ma portée.

Je cherche un peu et me pointe avec « Le Paradis, profitez-en de votre vivant ».

Silence…

Regards de travers…

Ok, j’avais oublié que la comparaison avec le paradis céleste n’amuse plus personne… notre Paradis à nous, c’est avant tout le dernier balcon d’un théâtre, donc accessible à tous puisque moins coûteux. Mais quand même… si on l’appelle ainsi, c’est qu’il est plus haut que les autres, donc plus proche du Paradis, non ?

Bref, je remballe mes « Paradis sur Terre », « La culture dans l’âme », « On trouve de tout au Paradis, même l’âme soeur » et autre « Le Paradis entre ciel et Terre » (puisque le nouveau Paradis sera sur pilotis, à la Grande Place ! vous pigez ?? non… bon… )

De toute façon, je ne vois pas où « Le Paradis, c’est bon en diable ! » résume les services du Paradis…

Aidez-moi quelqu’un ! Donnez-moi les 5 mots, je trouverai l’ordre !

Bon, rassemblons nos idées : plusieurs organismes culturels dans des domaines divers et variés… Bingo ! Je propose : « Le Paradis, l’espace de la culture plurielle ». Vous savez, comme en France, la gauche plurielle, plusieurs partis de gauche qui s’unissent pour être plus forts ! Enfin… en théorie puisque la France n’est plus… vive la Sarkozie… *soupir*

Je remballe aussi après que Jacques me rétorque « C’est une proposition bien singulière »… re *soupir*

Finalement, Julie avait raison…

Thomas