Québec Redneck Bluegrass Project

C’est quand même une pas pire idée de nommer son groupe par son concept.  Pis en plus, c’est vraiment ça qu’ils font.  C’est le groupe parfait pour un party péquenot punk.  Du white trash d’arrière-pays dans sa plus belle expression.  La composition verbale joue sur une gamme qui va du familier actuel au patois du terroir avec des thèmes de tous les jours comme l’alcool, la drogue, les gros camions.  Côté musical, ça swing, ça slam, ça tout ce que tu veux.  Le p’tit folk rythmé parfait pour faire écouter des références culturelles bien senties à tes amis français.  Pendant une soirée, ça passe vraiment bien après « La Ziguezon », « Boisson d’avril » pis « La P’tite grenouille » si tu veux faire danser le monde moindrement réchauffé.  Mais l’idéal, c’est de les voir sur scène. Les gars sont malades.  Dans leur tête, t’sais veux dire.  Quoique sont peut-être malades pour vrai des fois, c’est qu’ils aiment bien le whisky, mais ça dérange personne.  Pour ces gars-là, la soirée commence quand ils se réveillent.  Ils ont un vrai de vrai Irlandais avec un nom qui se prononce pas.  Le gars avec la drôle de casquette doit vraiment être concentré sur son accordéon pour faire des faces aussi pissantes.  Le violoneux combine gigue et moustache avec brio.  Le chanteur te fera vibrer avec son trémolo suave au point d’en oublier que t’as jamais vu une si belle coupe Longueuil de dreads.  Le psychobilly dude qui flash dans le noir tellement il est roux joue de la contrebasse à l’endroit, à l’envers, même en équilibre dessus, mais ça tous les membres de groupe le font aussi.  Entre les tounes, ils te mitraillent avec des blagues grasses comme de la poutine, le genre d’ambiance festive dans laquelle les jeux de mots auto-dérisoires d’un mon’oncle pervers prennent tout leur sens.  Bref, manque pas ça, achète-toi tout de suite un billet d’avion pour la Chine parce que c’est là que le groupe est établi (c’est son seul défaut) pis le retour est bientôt.

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Par Marie-Pier Tremblay Dextras