La philanthropie québécoise… d’hier à demain

La plupart des organismes culturels cherchent activement à diversifier leurs sources de financement. Nous avons donc demandé à France Terreault, spécialiste en la matière d’écrire un billet sur le sujet.

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Quelle organisation à but non lucratif n’a pas connu la précarité financière? Quelle association n’a pas mis en place, au fil des années, une démarche de recherche de financement alternatif, autre qu’auprès des bailleurs de fonds gouvernementaux?

Les débuts de la philanthropie au Québec se font par les différentes communautés religieuses, pour répondre à des préoccupations quotidiennes telles que la santé, la pauvreté, l’éducation, la religion. Au début des années 60, on observe la naissance d’un mécénat québécois qui crée des fondations privées, gérées par des familles. Ces fondations participent à des campagnes axées sur des projets précis, selon des causes et critères correspondants à leur mission. Dans les années 80 émergent des causes ou des services spécifiques liés à des besoins plus précis du développement de notre société, ce qui entraîne une multiplication des campagnes de financement. On ne parle plus seulement de sollicitations dans le domaine de l’éducation universitaire, collégiale ou secondaire mais aussi, vu l’évolution des spécificités de certaines causes, de décrochage scolaire ou d’alphabétisation. La situation est la même dans le domaine de la santé. Aux campagnes de financement des hôpitaux s’ajoutent celles sur le cancer du sein, le cancer de la prostate ou la leucémie, etc.

Les donateurs sont donc extrêmement sollicités par diverses causes, aussi valables les unes que les autres. Leur générosité s’exprime par coup de cœur ou simplement parce que la personne qui les sollicite est un contact personnel. La capacité de payer des donateurs québécois n’est pas sans limites. Les particuliers sont les plus taxés au Canada et plusieurs ont tendance à penser que c’est au gouvernement de soutenir les différentes causes existantes sur le territoire.

On compte actuellement plus de 40 000 organismes enregistrés au Québec. Comment se développeront leurs campagnes de financement au cours des prochaines années? Certaines tendances se confirment. La clarté du message et son influence sur le développement de notre société, l’impact du slogan et à quoi vont servir les contributions sont des éléments de plus en plus importants pour les donateurs. Ils veulent faire partie de la solution et bien saisir les buts spécifiques de la campagne de sollicitation, d’où la popularité croissante du financement participatif (crowfunding). Les plateformes La plèbe et Haricot en sont de bons exemples. L’accès à des outils éducatifs et de gestion développe l’intérêt des entreprises envers l’action philanthropique et facilite l’établissement de liens entre les gestionnaires corporatifs et les gestionnaires d’organismes. Certaines chambres de commerce développent maintenant des groupes de réflexion et d’action, comme sur le Portail Montréal arts-affaires.

Le nombre d’organismes et de causes augmente sans cesse. Au lieu de faire cavalier seul dans leurs recherches de financement alternatif – souvent avec peu de ressources humaines et de bénévoles –, des organisations devront penser à se regrouper pour maximiser leurs chances de réussite.

France Terreault

Consultante en collecte de fonds www.levee-de-fonds.com

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