La gestion de projet

 

LA GESTION CULTURELLE EN MODE PROJET

Par Julie Gauthier

Le Paradis intègre à son blogue une section gestion et culture pour aider les gestionnaires culturels et les artistes à s’y retrouver en matière de gestion.  Je suis à la direction de la coopérative Paradis depuis six ans, je siège sur différents conseils d’administration comme celui du Conseil de la Culture du Bas-Saint-Laurent sur lequel j’agis à titre de présidente depuis deux ans. Je suis également étudiante (en fin de parcours) à la maîtrise en gestion de projets et depuis le tout début de mes études, j’ai la préoccupation d’adapter pour le milieu culturel, les théories de la gestion afin de combler en partie (je demeure humble) le manque flagrant d’écrits dans le domaine. Je vous invite donc à me manifester vos préoccupations en matière de gestion de la culture, cela alimentera le choix des sujets sur lesquels je me pencherai.  Pour commencer, question cruciale : mais de quoi diantre parlons-nous quand on évoque le mot (disons-le un peu fourre-tout) de projet?

Les projets et plus particulièrement la gestion de projets est définitivement le truc à la mode c’est temps-ci.  Tout le monde a des projets, que ce soit rénover sa maison, son cabanon ou plus modestement la niche de son chien. Quand on parle de projet, on parle d’une action qui a un début et une fin et qui se voit souvent assorti de contraintes de coûts et de temps. Dans le monde merveilleux de la gestion culturelle, le quotidien est bien souvent construit d’une somme de petits et grands projets qu’il faut s’appliquer à gérer. Cela implique une gestion du temps efficace et surtout une manière toute particulière de penser les budgets (le montage des budgets en mode projet tout comme la gestion du temps feront l’objet de leur propre billet très bientôt).

Qu’est-ce que les spécialistes nous disent à propos des projets :

Selon Clifford F. Gray et Erik W. Larson le projet peut se définir comme suit :

Un projet est un effort complexe, non répétitif et unique, limité par des contraintes de temps, de budget et de ressources ainsi que par des spécifications d’exécution conçues pour satisfaire  les besoins d’un client.  

Mais à quoi diable pourrait bien me servir cette définition aride dans le cadre de ma pratique artistique ou dans ma vie palpitante de gestionnaire culturel? Bon d’accord, reformulons la chose :

Un projet est un effort (certe), complexe (question de se lancer quelques fleurs), non-répétitif et unique (vive les pléonasmes), limité dans le temps, l’argent et les ressources (ici on s’y retrouve, en matière de ressources limitées, la culture en connait un rayon), et doté de spécifications d’exécution conçues pour satisfaire les besoins d’un client (lire ici, les subventionneurs).

On ne peut pas y échapper, que nous soyons un artiste ou un gestionnaire d’organisme culturel nous aurons à gérer des projets, autant donc apprendre à le faire de la manière la plus efficiente qui soit.

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3 réflexions sur “La gestion de projet

  1. Je suis en accord avec votre transfert de définition sauf pour la fin. Je trouve étrange de changer le client par leS subventionneurS. Je pense que les centre d’artistes et les artistes sont à l’inverse les clients des subventionneurs. Le contraire tel que présenté dans la refonte de la définition signifierait que nous ferions tous la même chose puisque artistes et centres d’artistes relèvent tous des mêmes « subventionneurs ». Je pense que le travailleur culturel est le client du c. a. qui l’a engagé. Que tout travailleur culturel engagé pour diriger un Centre d’artistes est un gestionnaire de projets (avec un s). Et qu’il devrait être toujours engagé sous un contrat respectueux d’une durée prédéterminée de 3 ans minimum. Ceci afin de lui permettre d’atteindre des résultats soit l’aboutissement de projets. Et que si des changements de gouverne arrivaient en cours de parcours, alors il serait en position d’être dédommagé le cas échéant. Je pense que l’artiste plus qu’un gestionnaire de projets, est un créateur de projets qui sont des oeuvres d’art et qu’il serait bien qu’il puisse s’adjoindre les services d’un agent pour gérer sa clientèle dont les Centres d’artistes font partie. Il est facile de démontrer que tout artiste qui a su ou pu s’adjoindre un tel agent s’en sort mieux. Les Centres d’artistes sont sensés être des Centre d’artistes, cependant…..pas toujours représentifs de ceux-ci.

    • Je suis d’accord, le client n’est pas toujours le subventionneur (il y avait en fait un peu d’ironie dans ma définition). Les institutions qui financent la culture ont souvent des normes d’attribution tellement cadrées qu’il arrive parfois que l’artiste se sente obligé de répondre à ce dernier comme à un client. Dans le cadre de mon travail de gestionnaire culturel, je défends souvent cette idée auprès de mes partenaires financiers : vous nous demandez d’être novateurs et imaginatifs et bien il faut adapter les programmes à toute cette créativité. Vous avez raison sur la longueur des mandats des gestionnaires, développer un projet prend du temps, tout comme monter une planification stratégique. Il faut donner le temps au temps comme on dit. Vrai aussi que l’artiste est un créateur de projets. Étant moi-même scénariste/artiste, je ne sens pas le côté péjoratif du mot « gestionnaire » mais j’adopte « créateur » qui permet à mon imaginaire de sortir du cadre.

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