Multitasking suite…Combiner création/travail et petite bouche de 5 ans.

Multitasking suite…Combiner création/travail et petite bouche de 5 ans.

Par Julie Gauthier

Dans un billet précédent, je vous parlais du multitasking ou en bon français « le mode multitâche ». J’avais envie d’en parler encore un peu, j’ai l’impression que le sujet n’est pas encore tout à fait vide « le pourra-t-il un jour?…j’en doute ». Une des préoccupations majeures que nous avons en tant qu’artiste c’est de pouvoir poursuivre notre pratique artistique et peut-être même un jour…de pouvoir en vivre. Je suis scénariste depuis plus de 10 ans. J’ai un besoin viscérale d’écrire. Au tout début de ma carrière, moi et mon conjoint, avec qui j’écris la plupart du temps, avons planté plusieurs graines. Ici j’utilise le mot graine comme la jolie métaphore à toutes les demandes de subvention qu’on a faite pour nos multiples projets de films. Un jour toutes ces belles semences se sont transformées en projet de film. Nous recevions des bourses pour écrire…génial! On s’est donc mis à écrire beaucoup, vraiment beaucoup. Cependant comme un film ne se limite pas à un scénario, il a fallu penser à la production et à la réalisation.

Une fois le producteur trouvé, il faut trouver le réalisateur et ils se multiplient, se suivent, nous font réécrire, se retirent… bref ce n’est pas si facile de trouver l’âme sœur cinématographique. Et pendant que tout ce beau monde cherche à marcher dans la même direction, nous pauvres scénaristes/semeurs de graines et ben…on sème… À force de semer, on a même fait pousser une charmante petite fille de 5 ans…Génial!…Puis à l’écriture, si j’ajoutais la réalisation…J’avais un court-métrage qui séchait dans un tiroir (financé par la SACD, la SODEC et maintenant le CALQ…en production.) Je me retrouve donc après 10 ans d’agriculture cinématographique avec un scénario de long-métrage tout prêt d’entrer en production, un scénario de court-métrage que JE réaliserais au printemps, s’ajoute à cela un court-métrage financé en développement par la SODEC qui se repose pénard dans mon tiroir attendant d’être réalisé à côté de son grand frère, un scénario de long-métrage financé au développement par Téléfilm Canada qui prend ça relax en attendant son tours. Mon chum lui travaille sur l’adaptation cinématographique d’une nouvelle. C’est ce qu’on appelle la diversification des cultures je crois.

Pendant qu’on cultive notre potager créatif, qui dois-je vous le spécifier, est très loin de nous rapporter l’autosuffisance pécuniaire, il nous a fallu penser à payer les comptes et nourrir notre petite grande bouche de 5 ans.

On repart donc pour un autre exemple de journée qui cette fois-ci combine travail/création et famille.

Vendredi 22 mars

7h00 : Je suis debout cette fois, ça fait 2 jours que je me tape des nuits de 12hrs (peut-être que je manque de sommeil, c’est juste une hypothèse.)

Entre 7h00 et 8h00 : Lecture de courriels, café, douche, café, habillement, café, maquillage (le temps alloué au maquillage augmente proportionnellement avec l’âge). Déjeuner, presque relax, saute dans la voiture avec ma petite bouche de 5 ans.

9h00 Wow quelle ellipse, je viens de vous épargner mon aller-retour à St-Anaclet.

9h00-11h30 Dur labeur dans ma vie de directrice d’organisme culturel, dossiers urgents : je dois organiser une campagne de levée de fonds de 1 an tout en contrôlant les avancées du projet de relocalisation tout en embauchant quelqu’un pour notre nouveau service comptable, tout en signant des chèques, tout en me disant qu’il est déjà 11h30 et que j’ai une réunion précisément à 11h30 avec ma productrice.

11h30 : On va dire que je suis douée pour la téléportation et que je me suis déplacée en un instant de ma chaise à roulettes de directrice à la chaise du resto qui accueille mes fesses de réalisatrice. On jase budget, budget, budget et encore budget, vous ais-je dis qu’on a parlé de budget?

13h00 : Départ vers St-Mathieu (notre lieu espéré de tournage) on va chercher mon spécialiste du son et c’est un départ (je vais éviter d’alourdir le texte en vous disant qu’on a été obligés d’arrêter en chemin pour que ma multitaskers de productrice, imprime, scan, signe et courriel un contrat.)

14h00 Arrivé au commerce de St-Mathieu parfaitement synchronisé avec mon directeur photo qui lui partait de Rivière-du-loup. Visite des lieux, évaluation, est-ce trop bruyant? Est-ce assez grand? Est-ce possible de tourner ici? Négociation, négociation, négociation et voilà, c’est une victoire. Les propriétaires acceptent.

17h00 Retour à Rimouski, course à l’épicerie, retour à ma maison, meeting avec ma productrice autour d’un verre de vin. Courriels à l’équipe de tournage, courriels au Paradis (quelques dossiers à régler).

21h00 Je me couche en même temps que ma petite bouche de 5 ans qui a clairement eu un spécial pour jouer avec la petite bouche de 3 ans de ma productrice.

Demain c’est samedi…congé…yé!!! Euh…c’est une blague. Je suis en fin de session à l’université…devoir, devoir et encore devoir. C’est beau l’agriculture.

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