Un artiste c’est aussi un gestionnaire de projets

Un artiste c’est aussi un gestionnaire de projets

Par Julie Gauthier

La gestion de projets évoque souvent des projets informatiques ou d’infrastructures.  La littérature dédiée à la gestion de projets utilise très peu d’exemples culturels pour ne pas dire pas du tout … et pourtant. Le milieu culturel regorge de projets de toutes sortes. Dans mon cas par exemple, qui tournera son premier court-métrage en mai, je peux vous assurer que la gestion d’une production cinématographique c’est tout un projet.

Voici les principales caractéristiques d’un projet selon Gray et Larson (2007)

  1. Un objectif clairement établi
  2. Une durée déterminée qui comprend un commencement et une fin
  3. Habituellement, la participation de plusieurs services et spécialistes
  4. En général, l’exécution d’un travail jamais effectué auparavant
  5. Des exigences précises en matière de temps, de coûts et de rendement

Bon maintenant appliquons toutes ces règles à un projet de film, question de prouver à la terre entière qu’un projet artistique est bel et bien un projet.

  1. Mon objectif est clair : Je veux faire une court-métrage de 10 minutes sur le sujet hautement joyeux de la mort lente des dépanneurs et des ciné-clubs. Sur la détresse d’un propriétaire au bout du rouleau, sur l’impuissance des clients qui n’ont jamais eu de mots pour communiquer et encore moins pour éviter le pire…le suicide du propriétaire.  (Je vous l’avais dit que c’était joyeux).
  2. Le tournage va commencer le 26 mai et s’étendra sur 2 jours et une nuit. Évidemment, il faut compter 2 mois de pré-prod et 2 mois de post-prod. Personne ne peut nier que le tournage d’un film a un début et une fin (essayez d’éviter les mauvaises blagues sur le film Histoire sans fin s.v.p).
  3. Pour la production de l’objet cinématographique qu’est le court-métrage, il faut un paquet de spécialistes. Des gens qui ont des oreilles supersoniques (l’équipe du son) des gens aux yeux perçants (l’équipe à la caméra, script, direction artistique etc.) des maniaques de l’organisation (première assistante à la réalisation, productrice) et j’en passe. Pis il y a moi…qui doit avoir un ti peu d’oreilles, un ti peu de yeux, un ti peu beaucoup d’organisation et une montagne de créativité.
  4. Travail jamais exécuté avant, dans mon cas c’est plus que vrai puisque depuis 10 ans, je travaille en scénarisation, c’est ma première expérience professionnelle de réalisation. Mais même si j’en étais à mon 42e films ce serait tout de même un projet puisque chaque film est unique, chaque film est un nouveau projet.
  5. Des exigences en termes de temps, de rendement et de coûts c’est peu dire. Le maigre budget que j’ai pour ce projet nous oblige à être plus que créatif (genre que je vais sans doute devoir éplucher des kilos de patates pendant des semaines pour nourrir tout le monde). Ou peut-être que je pourrais m’inspirer de Jehane Benoit, la papesse du beau, bon, pas cher et gras. Heille équipe! Ça vous dit de manger une belle dinde en gelée ou un pain surprise? Dans un tournage, il y a l’argent mais aussi du temps. Chaque jour de tournage supplémentaire implique de la location d’équipements supplémentaires, de l’hébergement supplémentaire pis beaucoup plus de dinde en gelée pis de patates.

Oui nous artistes, pouvons- nous réclamer du statut de gestionnaire de projets sans honte. Puisque nous sommes maintenant des gestionnaires de projets assumés, nous pourrons désormais utiliser tous les beaux outils qui ont été créés par la gestion de projet pour rendre tout plus efficient et efficace et les adapter à notre réalité. Tout ça dans un prochain épisode du blogue de gestion de Julie Gauthier.

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Le rapprochement entre le milieu des affaires et le milieu culturel.

Le rapprochement entre le milieu des affaires et le milieu culturel.

Par Julie Gauthier

Quand on pense au milieu des affaires, on imagine souvent un groupe de gens d’affaires cravatés discutant de profits autour d’un verre de martini. Quand on pense au milieu culturel, on imagine un groupe de jeunes excentriques chevelus discutant d’idéalisme autour d’un verre d’absinthe. Quoi? Vous me dites que je véhicule des clichés, de vieilles idées surannées? J’espère bien que vous me dites ça, je vous testais.

Comme vous le savez peut-être, la Coopérative Paradis a gagné, samedi dernier, le premier prix Art-Affaires de la Chambre de commerce de Rimouski. À cette soirée de gala où tout le monde était d’un chic fou, oui oui même les jeunes artistes excentriques et chevelus, j’y ai vu quoi? J’y ai vu des gens passionnés, des entrepreneurs qui ont construit à force de rêves et de persévérance, des entreprises à leur image. J’y ai surtout vu des semblables, des gens comme moi qui se lève chaque matin avec la certitude de faire quelque chose qu’ils aiment, avec la conviction de faire une différence dans leur milieu. Après tout, les gestionnaires culturels (souvent artistes) sont aussi des gens d’affaires, des entrepreneurs qui composent avec des revenus, des dépenses, de l’affectation de ressources, de la gestion de RH, des communications et j’en passe. Est-ce que le fossé est si grand entre le milieu des affaires et le milieu culturel?

Je crois que le milieu des affaires a beaucoup à gagner à faire des partenariats avec le milieu culturel et l’inverse est tout aussi vrai. Ici, je ne parle pas seulement de partenariats financiers. Je parle de créativité. Le milieu culturel à la faculté naturelle de sortir des cadres, de penser autrement, de bousculer les idées préconçues. Parfois, d’entrer en contact avec des créateurs nous permet de penser autrement. D’un autre côté, il ne faut pas penser que le milieu des affaires est composé uniquement de gens orientés sur le profit de leur organisation. J’y étais le soir où la brasserie le Bien le Malt a remporté son prix à la Chambre de Commerce et je peux vous dire que nous partageons les mêmes valeurs, comme en témoigne la nouvelle collaboration qui nous unit. Je peux également vous assurer que Sonia Lucas de la Coopérative funéraire porte au quotidien une passion sans borne pour le travail qu’elle fait, un respect immense pour sa clientèle fragilisée par le deuil. Le milieu des affaires c’est aussi ça.

J’ai entrepris l’an passé des études de maîtrise en gestion de projet. C’est un programme très fréquenté par les ingénieurs, informaticiens, comptables, manager et très peu par les … artistes. J’étais, au départ, un peu craintive, après avoir fréquenté les artistes excentriques buveurs d’absinthe du bac et de la maîtrise en création littéraire, je me retrouvais en terrain… plutôt inconnu. Et bien, deux ans plus tard, force est de constater que je m’y suis très bien adaptée. Je navigue avec aisance entre les notions de planification stratégique, de leadership et de gestion du risque. Je suis très heureuse de savoir comment estimer la durée et les coûts d’un projet, de savoir comment gérer d’une manière efficiente un échéancier et de savoir ordonnancer des ressources. Toutes ces connaissances me servent dans mon organisation et dans ma pratique artistique. La réalisation d’un court-métrage est tout un projet, vous pouvez me croire. Je suis heureuse également de voir mes professeurs et mes collègues s’intéresser à la gestion culturelle et y découvrir…my god…des parités.

Le 16 mai prochain aura lieu au Paradis un 5 à 7 Art-Affaires, oui il y aura du réseautage, il y aura également la présentation de la table Art-Affaires sur laquelle je siège. Nous vous présenterons les projets qui ont fait partie de notre table de travail l’an passé et ceux qui feront partie de nos chantiers pour l’année qui s’en vient. Gens d’affaires et gens d’affaires « culturelles » se côtoieront dans l’ambiance musicale de l’excellent artistes Jimmy Rouleau. Venez y faire un tour, boire un verre et découvrir que le fameux fossé n’est peut-être pas aussi grand que vous l’imaginez.

St.Barnabé par lui-même

Groupe de musique post-ambiante Québécois s’inspirant de l’histoire de l’île Saint-Barnabé et de l’ermite Toussaint Cartier.
Biographie
Notre musique s’inspire de:Au xviie siècle, l’île est habitée par Toussaint Cartier, un ermite, dont l’histoire est encore aujourd’hui enveloppée de mystère. Il se sentait attirée par l’île Saint-Barnabé située en face de Rimouski. Après avoir obtenu la permission du seigneur Lepage, Toussaint monte à bord d’une chaloupe en compagnie de Louise (son épouse) et d’un rameur.

Arrivé sur le rivage, seul Toussaint pose le pied sur l’île Saint-Barnabé pour la visiter. Pendant ce temps, le rameur ramène la chaloupe au milieu de la baie qui sépare Rimouski de l’île. Or, pendant que Toussaint explorait l’île, un orage électrique éclate. Toussaint se met à courir afin de regagner la chaloupe. Arrivé sur le rivage, il aperçoit l’embarcation où se trouvent sa fiancée et le rameur, coulée sous ses yeux!

Description

Nous sommes un trio qui partage le besoin de créer de la musique ambiante et de vous la partagez sous forme d’album et ce le plus tôt possible.

Au Paradis (www.coop-paradis.com) en première partie de We are Wolves le 20 avril.Image