Faire cohabiter l’artiste et le gestionnaire

Faire cohabiter l’artiste et le gestionnaire

Par Julie Gauthier

LA RELATION ENTRE L’ARTISTE ET LE GESTIONNAIRE

Au sein d’un organisme culturel doit se côtoyer des artistes et des gestionnaires.  Quelquefois (même très souvent) l’artiste et le gestionnaire habite la même tête.  Que vous soyez artistes/gestionnaire ou seulement un artiste qui doit composer avec un gestionnaire (et inversement) vous devez créer les conditions nécessaires pour rendre cette relation harmonieuse. Selon Poisson-de Haro et Menot dans l’ouvrage La gestion stratégique des organisations artistiques, il existe quatre modèles d’administration des organisations artistiques.

Le bicéphalisme : Ce type d’administration consiste à adjoindre au directeur/artiste  un administrateur responsable de la gestion des décisions artistiques. Les deux leaders travaillent sur le même niveau hiérarchique. Dans ce type d’organisation la bonne entente entre les deux têtes dirigeantes est primordiale.  Un conflit peut mener dans les cas extrêmes, à une faillite de l’organisation.

La cohabitation : Dans ce cas de figure, il y a séparation des tâches selon les compétences de chacun (artiste ou gestionnaire). Autrement dit, il n’y a pas nécessairement quelqu’un qui prend toutes les décisions artistiques et l’autre qui s’occupe de faire entrer l’argent.

L’hybridation : Voici le monstre à trois têtes. Un directeur artistique et un directeur administratif se rapportent à un directeur général qui a des compétences de gestion en plus de compétences artistiques reconnues par ses pairs (autrement dit…la perle rare).

La triangulation : Ici, il faut faire intervenir une tierce partie extérieure qui agit comme médiateur entre les artistes, les gestionnaires et les parties prenantes pour assurer la bonne entente à l’intérieur de l’organisation.

Tous ces modèles se valent, il s’agit ici de choisir le modèle qui s’adapte le mieux à son organisme artistique. Évidemment vous allez vous dire : Mais nous n’avons pas le budget pour engager deux directions (triple points d’exclamation!!!) À cela, je réponds qu’un bon gestionnaire administratif, quelqu’un capable de faire de la planification stratégique, des demandes de subvention, une gestion des revenus autonomes va décharger le directeur artistique des tâches administratives afin qu’il puisse se concentrer sur la mission artistique de l’organisation. Ça vaut de l’or (re-triple points d’exclamation!!!).

Si la programmation est à la hauteur (parce que la direction artistique n’a pas à s’occuper des retenus à la source ou des demandes de subvention), les partenaires financiers seront plus enclins à investir, les commanditaires auront envies de s’associer à vos événements. C’est une roue qui tourne.

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