Pourquoi sortir de son secteur pour devenir plus créatif

 

Multidisciplinarité, intersectorialité, au Paradis, nous jonglons avec ses mots au quotidien. Mon dernier billet en traitait un peu. Poussons la créativité en explorant cette avenue. L’idée m’est venue en lisant un article du dernier journal Les affaires. Il s’y trouvait en effet, une entrevue avec Fred Dust, associé chez Ideo, firme de consultation en design de système. Ce dernier disait que « bon nombre d’employés se montrent plus créatifs dans leur vie privée qu’au bureau », pourquoi? Eh bien, toujours d’après monsieur Dust, peu de gens (mis à part peut-être, les gens de l’industrie culturelle) estiment qu’ils occupent un emploi qui repose sur la créativité. De ce fait, il préfère la laisser à la maison. Pourtant plusieurs emplois recèlent le potentiel de déchaîner votre créativité. Beaucoup plus que vous le pensez.

Selon Dust, la pire manière de trouver des idées nouvelles, c’est de participer aux congrès en lien avec son industrie. Ah! Je partage cette idée, ici je parle d’innovation et de développement de projets, pas de perfectionnement. Il est très important de participer aux colloques, réunions, tables sectorielles en liens avec notre secteur d’activités mais pas tellement pour renouveler les pratiques. La meilleure façon, à mon humble avis, de fracasser les idées préconçues et de provoquer un torrent de créativité, c’est de côtoyer des gens de tous les milieux. Voici donc une liste, chose que j’affectionne grandement, j’en rédige des tonnes, qui pourra peut-être vous aider à trouver de nouvelles idées et même de nouvelles solutions pour régler de vieux problèmes.

1 : Participer à des événements dans toutes les disciplines. (Ex : vous êtes un organisme en arts de la scène, ne vous contentez pas d’assister à des événements ou des rencontres en lien seulement avec les arts de la scène. Tentez les arts médiatiques, la danse, les arts visuels etc. Il y a certainement de belles collaborations à faire et de nouvelles idées à partager).

2 : Fréquentez des milieux radicalement différents du votre. (Ex : Le documentaire est un très bon exemple des belles collaborations qui peuvent émerger de la mixité des domaines. Stéphane Lahoud a réalisé un magnifique documentaire « Sur la banquise » qui relate le passage d’un artiste d’Espace blanc (Caravansérail) dans le village de pêche sur la banquise de Rimouski. Il y installait des girouettes  inspirées par les histoires racontées par les pêcheurs. Voilà un bel exemple d’échanges porteurs.)

3 : Désigner un avocat du diable dans vos rencontres. (Ex : Vous organisez une réunion d’équipe, une séance de remue-méninges? Assurez-vous qu’il y a quelqu’un à la table qui questionnera toutes les idées. Tout doit être mis à l’épreuve pour être adoptés. N’ayez pas peur de proposer des idées folles, la censure est l’ennemi de la créativité.)

4 : Allez boire un verre. (Ex : Ou une slush, le taux d’alcool n’est pas l’important, c’est plutôt l’idée de mettre son cerveau en mode loisir. Remarquez que le syndrome de la page blanche ou de l’absence d’idée se manifeste souvent en réunion d’équipe quand vous êtes forcés d’être créatif. En contexte de loisir, le cerveau ne se sent pas obligé de cracher des idées et magie! Une rafale de nouveaux projets émergent. C’est souvent quand on n’a  pas prévu de repeindre entièrement sa salle bain qu’on le fait…euh est-ce que c’est juste moi ça?)

Coopérer pour être plus fort.

Coopérer pour être plus fort

Par Julie Gauthier

Je suis tombée dernièrement sur une entrevue donnée au magazine PREMIUM par Michel Bundock, premier vice-président et directeur général chez Groupement des chefs d’entreprise du Québec qui m’a fait penser aux impacts positifs des regroupements. La Coopérative Paradis est née d’une union entre quatre organismes désireux de pouvoir s’offrir un lieu de diffusion et de création (Paraloeil, Caravansérail, Le Mouton Noir et l’Exil).  À force d’entraide et de passion contagieuse, ces organismes ont réussi à monter ce projet un peu fou de coop culturelle qui suscite de plus en plus d’intérêt un peu partout au Québec. Nous rencontrons régulièrement différents groupes qui, ayant entendu parler de nous, viennent comprendre pour reproduire le modèle dans leur coin de pays. Huit ans après sa fondation et quatorze membres organismes plus tard, nous découvrons encore des nouveaux avantages au regroupement. Le groupe agit comme un filet de sécurité, un réseau d’entraide, il permet de répartir sur plusieurs épaules le poids des projets, il éveille des collaborations intersectorielles, il permet des économies en mettant en commun des services comme la comptabilité et les impressions et j’en passe.

Le titre de l’entrevue donnée par Monsieur Bundock  est le suivant : « Nous sommes meilleurs avec d’autres que seuls ». Côtoyer des personnes inspirantes au quotidien produit un effet de contagion,  nous donne envie de se dépasser. Permettre à nos idées de s’entrechoquer avec celles d’autres personnes qui évoluent dans un domaine différent du sien génère souvent des projets novateurs. Le côté multisectoriel du Paradis qui, dans un premier temps, est né de la nécessité (le bassin de population étant trop restreint pour se regrouper par secteur) est rapidement devenu un avantage probant de notre modèle opérationnel.  Maintenant nous pouvons créer des événements qui mélangent cinéma et improvisation ou arts visuel et musique. Les combinaisons sont infinis et les résultats toujours non-conventionnels. Koffi Annan, septième secrétaire général à l’ONU a déjà dit dans un discours  à l’Assemblée générale de son organisation « La seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est celle de la coopération et du partenariat. » C’était en 2001 et c’est encore tout à fait d’actualité aujourd’hui. Bon…le Paradis ne réglera pas les problèmes de toute l’humanité …mais… il nous permet sans aucun doute d’être un peu plus fort…ensemble.

Jouer aux cartes pour être créatif!

Jouer aux cartes pour être créatif!

Par Julie Gauthier

Je sors d’une expérience de tournage magique. J’avais envie, pour ce billet, de faire le parallèle entre ce moment de béatitude créatif et le projet de relocalisation du Paradis. C’est quoi le rapport? Et ben… ça plus rapport que vous pensez, vous allez voir. Donc, en fin de semaine, j’ai eu la chance de réaliser mon premier court-métrage de manière professionnelle. Je parle de chance parce qu’au Québec, et particulièrement en région, être financé pour réaliser un film est  une véritable chance, beaucoup d’appelés, peu d’élus. Nous étions 17 personnes sur le plateau (incluant les comédiens). Nous tournions dans des conditions relativement difficiles (de nuit, dans un dépanneur). J’anticipais le manque de sommeil, le fait d’avoir à vivre pendant 3 jours avec tous ces gens que je côtoyais, dans certains cas, pour la première fois, et aussi mon inexpérience à la réalisation, moi qui suis davantage en zone de confort au poste de scénariste. Bref…j’anticipais avec anxiété cette expérience qui s’est révélée…justement être, une révélation. Une des millions de raisons qui ont fait de ce moment, un pur bonheur, réside dans l’esprit de coopération. Comment créer un esprit collaboratif en un temps record entre plusieurs personnes? Faites-les habiter ensemble. En effet, travailler ensemble est une chose mais, partager des loisirs, le ménage, les repas, des hauts et des bas, des larmes et des éclats de rire en est une autre et rapproche les humains à vitesse grand V. Bon… le parallèle avec le projet de relocalisation? J’y arrive…

Le projet Paradis prévoit depuis toujours de réunir les bureaux de l’ensemble des organismes culturels membres sous un même toit. Vous me voyez venir…c’est un peu comme habiter ensemble. Dans le projet, on a bien pris soin de prévoir une multitude d’espaces communs (salles de réunion, de répétition, café-bar, cuisine etc.).  Tous ces gens qui vont évoluer ensemble, en partageant et en mettant en commun tout ce qui est possible (et correct) de l’être, vont établir des liens. Des liens intersectoriels qui vont permettre l’idéation de nouveaux projets. Un heureux mélange entre la musique, le théâtre, le cinéma, les arts visuels et plus encore. Plus vous mélangez des gens aux compétences différentes, plus vous avez de chance de faire de la magie. De penser en dehors du cadre et pourquoi pas, de le faire exploser ce foutu cadre! Même dans les moments difficiles (problèmes de ressources humaines, financement difficile etc.) le groupe agit comme un filet de sécurité, une mine de réconfort et de solutions.

En résumé, les meilleures idées ne se cachent pas seulement autour d’une table de travail ou près de la machine à café, elle se dissimule dans une game de pétanque ou de cartes, dans un repas partagé, en lavant la vaisselle. Pourquoi ne pas faire notre prochain brainstorm d’équipe en jouant à la Dame de pique? Parce que le travail n’a pas toujours besoin d’être aride pour être efficace.