Êtes-vous de type marathonien ou sprinter?

 

Êtes-vous de type marathonien ou sprinter?

de Julie Gauthier

C’est l’été et qu’est-ce qu’on fait l’été? Oui, le jogging en effet, mais lire sur la course est hautement plus relaxant. Je viens tout juste de terminer Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki Murakami (merci Martin Côté pour la suggestion). Murakami est un auteur japonais plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de la littérature. Autoportrait est un essai autobiographique qui fait l’éloge de la course à pieds. À 33 ans Haruki décide de vendre son club de jazz pour se consacrer à l’écriture à temps plein. Fumant clope sur clope, toujours vissé à sa chaise, il commence inévitablement à prendre du poids. Il s’impose alors une discipline qui le mènera à courir un marathon par année, des triathlons et même un ultra-marathon (100 km). Tout au long de ce journal, l’auteur confronte la course et l’écriture en comparant les qualités nécessaires pour mener à bien ces deux activités (tenacité, capacité de concentration et talent). En écriture, il se compare à un coureur de fonds (de type marathonien) qui prend du temps à démarrer mais qui est capable de courir (travailler) sur une longue distance, sans jamais se mettre à marcher et surtout surtout en franchissant la ligne d’arrivée (en terminant ses projets).

C’est quoi le rapport avec la gestion culturelle? Et bien la lecture de cet essai m’a permis de mettre des images sur des observations faites dans mon quotidien de gestionnaire culturelle / artiste. Je remarque qu’il y a deux types de travailleurs : les sprinters et les marathoniens.

Le sprinter : Le sprinter démarre au quart de tour, il a toujours mille idées de projets et il aime défoncer les portes. Il est plus à l’aise dans des projets de courtes durées ou à l’étape du démarrage. Il a de la difficulté à ne pas papillonner d’un projet à l’autre. C’est un expert du mode multitâche. C’est un grand mobilisateur.

Le marathonien : Le marathonien prend un peu plus de temps à entrer dans l’action. Il aime l’étape de la préparation. Une fois entré dans une tâche, il l’a mène jusqu’au bout, même si c’est de longue haleine. Il est perfectionniste et il lui est impossible de se contenter d’un résultat moyen.

Dans une équipe de travail, c’est très important d’avoir des gens de ces deux catégories. Si votre équipe n’est composée que de sprinters, vous aurez de la difficulté à mener vos projets à terme. Vous devez combiner les forces de ces deux types de travailleurs pour obtenir les meilleurs résultats. À l’image d’une course à relais, le sprinter va démarrer les projets, planter les graines, mobiliser les équipes et au moment ou un autre projet germe dans son esprit, l’équipe de marathoniens prend le relais pour porter et accoucher de tous ces beaux projets. Rien dans la vie n’est tout noir ou tout blanc et une personne peut très bien naviguer du type sprinter au type marathonien mais nous avons tous une tendance naturelle qu’il s’agit d’exploiter pour performer.