Groenland, je suis au Paradis!

Par Véronique Lavoie

C’est à guichets fermés hier soir dans la Salle rouge du Paradis que la formation Groenland a fait honneur à ses deux prix GAMIQ, remportés pour la révélation de l’année et le meilleur album pop. Le sextuor a littéralement, je m’excuse pour le jeu de mots trop facile, fait fondre le cœur de la foule captivée par leur synergie.Image

Les spectateurs ont eu la chance d’entendre l’ensemble de l’album The Chase, lancé en avril dernier, en plus de quelques pièces inédites et une reprise. Que ce soit avec l’aide de son clavier, de son ukulélé, de ses percussions ou de sa voix envoutante, la chanteuse Sabrina Halde obnubile l’attention avec son énergie et sa grande polyvalence. Chaque membre du groupe dégage une couleur particulière qui forme un tout éclaté et festif : l’élégante violoniste, la mystérieuse violoncelliste, l’enthousiaste bassiste, le dynamique batteur et l’exotique Jean-Vivier Lévesque avec son mélodica. Bref, son unique, enveloppé de chœurs sentis, qui ajoutent une belle profondeur à la mélodie.

Groenland a présenté un spectacle teinté de tonalité électro en y ajoutant un magnifique interlude. En effet, la chanteuse de la formation est descendue, le ukulélé à la main, rejoindre la foule pour chanter, en acoustique, au beau milieu de la Salle rouge du Paradis. Un silence magnétique régnait : les spectateurs étaient tous, sans exception, suspendus à ses lèvres pour finalement l’accompagner en claquant doucement des doigts. Cette proximité, ou plutôt cette fusion, avec le public est certainement mon moment coup de cœur du concert.

C’était une soirée riche en souvenirs qui rendra certainement jaloux ceux qui n’ont pu assister à cette prestation. Pour moi, Groenland est comme un sac magique pour l’âme : réconfortant et ô combien agréable!

Un retour à la base pour Jeffo and The Heads Up

En guise de première partie, la formation rimouskoise Jeffo and The Heads Up a dévoilé une nouvelle facette de sa musique en présentant, comme le qualifiait Jeffo, des pièces acoustiques, sans prétention et qui permettent un retour à la base du processus de composition. Le trio d’un soir, car le groupe est habituellement composé de six membres, a joué des chansons aux creux de nos oreilles qui faisait penser à des passages de film comme un homme seul se promenant sur une route, ou des retrouvailles sous un jour de pluie. Bref, le groupe a revisité son style en oscillant vers un côté plus intimiste que rock.Image

Photos : Mathieu Gosselin

En coulisses avec Jeffo and The Heads Up

Le groupe Jeffo and The Heads Up a partagé la scène avec nul autre que Dennis De Young lors des Grandes Fêtes du St-Laurent. Depuis, les musiciens ont offert une prestation remarquée à la 22e Rencontre d’Automne du ROSEQ et ont lancé leur premier album « Timekeeper ». Le 28 novembre au Paradis, ils assureront la première partie de la formation Groenland en formule acoustique. Incursion dans l’univers du leader et chanteur Jeff O’Connor, gaspésien d’origine et rimouskois d’adoption.

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D’où vient le nom du band? Un brainstorm à l’issue d’une pratique entre musiciens. Un petit « inside » qui reflète notre côté lunatique ou tête dans les nuages.

Si vous aviez à décrire votre style en une phrase : De Indie Pop/Rock (band complet) à Néofolk (acoustique).

Quelle est votre inspiration? Le temps qui passe et la façon dont il exerce un contrôle sur l’être humain. Vivre une situation de quelques secondes et la passer au ralenti dans sa tête me permet souvent d’écrire plus d’une page.

Moment marquant jusqu’à présent dans votre carrière : Jouer sur la même scène que Dennis De Young, c’est grisant!

Le plus beau commentaire que vous avez reçu sur votre musique : Les gens qui m’arrêtent sur la rue et me parlent d’une de mes chansons en me disant qu’ils se reconnaissent en elle ou qu’elle leur a permis de traverser une épreuve dans leur vie. C’est toujours très flatteur.

Quelque chose qui vous choque : Les gens passifs et jaloux. Il faut se réveiller et construire son bonheur.

Quelque chose qui vous fait sourire : Les quiproquos.

Quelque chose qui vous émeut : La sagesse de mon père.

La musique qui roule dans votre van de tournée en ce moment : Gorillaz.

Votre rituel de concert le plus cocasse : J’ai besoin d’un 15 minutes en solitaire avant un concert… que je ne réussis jamais à avoir! C’est tellement ridicule que ça me détend.

Votre coup de cœur culturel toutes catégories confondues : Harry Manx.

Un artiste à découvrir : Stereophonics.

Un endroit à découvrir : Les paysages de Rivière-au-Renard, en Gaspésie, mon village natal.

Meilleure place pour prendre un verre après un show : Où il y a de l’alcool et du beau monde, tant que l’on puisse décompresser et jaser.

Meilleur greasy spoon au Québec pour déjeuner un lendemain de show : Où il y a œufs et bacon, je suis preneur!

Meilleure poutine : Ahston!

Groenland sous la loupe du Paradis!

La formation Groenland n’a plus besoin de présentation. Lauréat de l’Album Pop de l’année (pour The Chase) et Révélation de l’année au GAMIQ (Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec), le groupe proposera sa pop indie orchestrale teintée d’électro, le jeudi 28 novembre au Paradis. La co-fondatrice Sabrina Halde (voix, ukulélé, claviers, percussions) s’est prêtée au jeu de notre petit questionnaire.www.cindyboycephoto.com

D’où vient le nom du band? Après plusieurs mois de recherche de nom pour le band, on en est venu à un consensus qui nous inspirait tous et toutes. Groenland, cette île glaciale que très peu de gens connaissent, est devenu notre petit univers inventé où les animaux et les gens vivent de manière peu conventionnelle en faisant du troc entre eux, en voyageant sur des skis ou en ballon gonflable, bref, un endroit imaginaire où la nature est forte et l’hiver rude. La sonorité du mot était agréable également.

Si vous aviez à décrire votre style en une phrase : De la pop indie orchestrale. Pop à cause de la voix soul et du côté catchy des chansons, indie, pour le choix des instruments comme le mélodica et le ukulélé, et orchestrale, pour l’importance accordée aux arrangements et aux cordes.

Quelle est votre inspiration? Nous écoutons énormément de musique : Beck, Feist, The Dodos, The Morning Benders, Vampire Weekend, Cold War Kids, Caribou, Avec Pas d’Casque, Grimes, MØ, et tellement d’autres ! On s’inspire beaucoup de la scène indie pop montréalaise et d’ailleurs.

Moment marquant jusqu’à présent dans votre carrière : Pour ma part, participer à Osheaga était un rêve que je croyais inatteignable cette année. Ça a définitivement marqué mon année. Ensuite, je me souviens très bien de notre première salle presque comble à Québec au Cercle, la première fois que nous y avons joué comme band front. C’est à ce moment précis que j’ai compris que Groenland était devenu plus gros qu’une gang d’amis qui invitent des amis à leur show.

Le plus beau commentaire que vous avez reçu sur votre musique : J’adore quand les gens me disent qu’ils iront pratiquer leur instrument dès qu’ils arriveront chez eux après un show. Ou bien qu’ils se sentent inspirés et que notre musique leur donne le goût de réaliser leur rêve. J’écoute personnellement de la musique pour me sentir inspirée, et j’en fais pour que les gens se sentent bien. Ça reste la plus belle chose pour moi.

Quelque chose qui vous choque : Les gens qui ont abandonné l’idée de se faire confiance et de faire confiance à la vie. Quand je me retrouve face à eux, j’ai un besoin immense de les brasser et de leur montrer qu’ils peuvent changer leur vie en un rien de temps. Disons que je me garde une petite gêne.

Quelque chose qui vous faire sourire : Quelqu’un qui sourit.

Quelque chose qui vous émeut : Quelqu’un qui a le courage de travailler sur lui-même.

La musique qui roule dans votre van de tournée en ce moment : On a récemment écouté le dernier de Jimmy Hunt et d’Arcade Fire.

Votre rituel de concert le plus cocasse : Adam, notre technicien de son, qui met du Barry White tout de suite après le show ou bien les chansons les plus ridicules au monde.

Votre coup de cœur culturel toutes catégories confondues : Dernièrement, je suis allée voir Chasse au Godard d’Abbittibbi d’Éric Morin, et j’ai vraiment apprécié mon expérience. Il y traite de la révolution tranquille en Abitibi. C’est une fiction écrite autour du fait que Godard aurait passé deux semaines en Abitibi dans les années ’60. On approche les étudiants, les femmes, les mineurs, etc. Ça respire les idées révolutionnaires. Ça ne pourrait pas être plus actuel que ça.

Un artiste à découvrir : Dans la musique pop indie anglo, j’aime bien , je la suis de près. Sinon, nous avons joué avec Nanimal à la Sala Rossa, c’était toute une expérience. Et puis je suis allée voir le nouveau stock de Philémon Chante, j’imagine que j’étais à fleur de peau cette journée-là, mais ça m’a rentré dedans solide.

Un endroit à découvrir : J’ai travaillé pendant plus d’un an au resto le plus sympathique et inspirant de Montréal. Ça s’appelle Le Sain Bol et c’est situé au coin de Fabre et Laurier. On y sert de la bouffe bio et locale, mais c’est surtout l’ambiance de maison créée par Fred le proprio qui est adorable. Je le recommande chaudement à quiconque a envie d’un repas qui te réchauffe le cœur. Petite mention pour le Kem Coba, glacier qui s’est établi sur Fairmont au coin de Clark. Extrêmement sympathique et délicieux.

Meilleure place pour prendre un verre après un show : Ça serait difficile de ne pas dire le Quai des Brumes. Le staff est très amical, la musique est à l’avant-plan, mais la chaleur de l’endroit se retrouve difficilement ailleurs. C’est maintenant une deuxième maison pour à peu près le 3/4 des musiciens de Montréal.

Meilleur greasy spoon au Québec pour déjeuner un lendemain de show : Dans le genre GREASE UP YOUR LIFE, il y a la Binerie à Montréal.

Meilleure poutine : Au Mouton Noir à Val-David!

Que connaissez-vous du Bas-Saint-Laurent? On est allé jouer pour le ROSEQ à Rimouski, et j’ai adoré être sur le bord de l’eau. J’ai trouvé la ville vraiment adorable. Ma mère vient de la Gaspésie (Causapscal), donc je suis passée par là quelques fois dans ma vie, et c’est toujours de beaux moments.