L’art et le sport se côtoient à Caravansérail

Par Sandra Mathieu

Un vélo installé sur un rouleau d’entraînement trône au cœur du Centre d’artistes Caravansérail. Des écouteurs disposés sur les poignées et un écran posé au mur adjacent promettent une expérience auditive et visuelle inusitée. On y découvre une jeune femme qui entonne Bye Bye Blackbird au guidon de ce même vélo. Pendant ce temps, un logiciel écrit, de façon plus ou moins exacte, les mots qu’il reconnait. L’athlète chante ensuite ce texte produit par le logiciel qui reconnait à nouveau, de façon plus ou moins exacte, les paroles et ainsi de suite.

Crédit photo : Léna Mill-Reuillard

Crédit photo : Léna Mill-Reuillard

Au fond de la salle d’exposition, une deuxième vidéo-performance réalisée au Club Santé 2000 de Rimouski nous laisse entrevoir des images captées lors d’un cours d’aérobie durant lequel la professeure improvise des mouvements à partir de la transcription du logiciel de la première partie de son cours, tout en suivant le rythme de la pièce Waka Waka.

Machines à écrire, troisième exposition solo de la Rimouskoise Caroline St-Laurent, est le fruit de ses recherches sur le détournement artistique de la performance sportive et propose Danse à écrire et Vélo à écrire qui utilisent les dérèglements d’outils technologiques servant au langage pour forcer l’émergence de nouvelles expériences.

« Depuis mes études en arts plastiques au Cégep de Rimouski, le corps humain et la quête de la performance sont très présents, mais c’est surtout lors de ma maîtrise que la problématique s’est précisée », souligne l’ancienne gymnaste.

Caroline a progressivement transposé plusieurs notions liées à son sport dans sa recherche artistique, telles que la mise à l’épreuve du corps, la recherche d’équilibre et de perfection, la compétition et la répétition. « J’aborde ma pratique artistique comme une réflexion sur l’entrecroisement des disciplines de l’art et du sport, en jumelant leurs notions de performance, leurs exploits et leurs échecs. Dans cette démarche, je veux soulever des questionnements sur la quête de performance, tourner en dérision l’obsession de tout faire en même temps et parfaitement », précise-t-elle.

Présenter son travail à Rimouski permet à la jeune artiste de boucler la boucle. Cette dernière est touchée par les commentaires offerts par ses anciens professeurs : « Une manière originale d’aborder l’art et le sport! », « Une façon positive de traiter l’échec qui, dans ce cas, permet de créer une nouvelle expérience. »

En plus d’être nouvellement maman, Caroline travaille déjà sur de nouveaux projets toujours en ligne avec les disciplines sportives et la notion de performance dans un contexte artistique. On risque d’y apercevoir des athlètes en suspension. À suivre…

L’exposition Machines à écrire est présentée au Centre d’artistes Caravansérail jusqu’au 21 décembre.

Découvrir le travail de Caroline St-Laurent : www.carolinestlaurent.com

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