L’offrande hypnotique de Suuns au Paradis

Par Laurence Bourassa-Lapointe

13 décembre 2013, 22h – Le Paradis. On s’installe sur scène, débute la première note, en suspension pendant de longues minutes qui semblent des secondes. Coup de cœur instantané. Il y a de cette musique qui vous fait vibrer la peau, frémir de l’intérieur. Suuns fait partie de ces bands qui font planer l’esprit, qui font se balancer les corps.

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Il est difficile de pouvoir avec précision caractériser le style musical de ces musiciens montréalais, tant il s’agit d’une fusion de trop d’éléments pour être facilement définie, et c’est ce qui fait le charme de Suuns, l’absence de règle, la liberté du son dans son intégralité. Toutefois, s’il fallait réellement donner des termes au style de ce groupe, je dirais que les quatre artistes jonglent avec un mélange d’électro, de rock, de downtempo, de noise, le tout à saveur psychédélique et minimale, mélange fascinant qui plait aux oreilles. Hypnotique, vertigineuse, tout en étant ponctuée de rythmes enlevants et d’une voix éraillée, leur musique est de celles qui ne s’oublient pas de sitôt, et donnent envie de passer toute la nuit dans cette ambiance feutrée pleine de corps en contraction, de spasmes anxieux mais ô combien jouissifs.

Je ne connaissais personnellement pas Suuns, ayant choisi au hasard cette date, décidée à être soit déçue soit émerveillée. Cette magie, de voir pour la première fois un band en live, sans connaître leur musique du tout, et d’en être toute renversée, n’a pour moi pas de prix. Certains styles de musique s’écoutent mieux en cd que sur scène, mais pour ce qui est de Suuns, je recommande à tous et chacun d’aller les voir sur scène, car bien que leurs albums soient excellents, les ayant achetés par la suite, je trouve que leur performance était véritablement au-delà de leur musique enregistrée. Leur présence, leur vie, l’action de les voir onduler au fil de leur musique rend le tout d’une beauté presque lugubre, mais magique.

Leur prestation s’est terminée sous les applaudissements chaleureux de la foule particulièrement enthousiaste. Désormais, le groupe Suuns détient un public conquis à Rimouski!

L’art et le sport se côtoient à Caravansérail

Par Sandra Mathieu

Un vélo installé sur un rouleau d’entraînement trône au cœur du Centre d’artistes Caravansérail. Des écouteurs disposés sur les poignées et un écran posé au mur adjacent promettent une expérience auditive et visuelle inusitée. On y découvre une jeune femme qui entonne Bye Bye Blackbird au guidon de ce même vélo. Pendant ce temps, un logiciel écrit, de façon plus ou moins exacte, les mots qu’il reconnait. L’athlète chante ensuite ce texte produit par le logiciel qui reconnait à nouveau, de façon plus ou moins exacte, les paroles et ainsi de suite.

Crédit photo : Léna Mill-Reuillard

Crédit photo : Léna Mill-Reuillard

Au fond de la salle d’exposition, une deuxième vidéo-performance réalisée au Club Santé 2000 de Rimouski nous laisse entrevoir des images captées lors d’un cours d’aérobie durant lequel la professeure improvise des mouvements à partir de la transcription du logiciel de la première partie de son cours, tout en suivant le rythme de la pièce Waka Waka.

Machines à écrire, troisième exposition solo de la Rimouskoise Caroline St-Laurent, est le fruit de ses recherches sur le détournement artistique de la performance sportive et propose Danse à écrire et Vélo à écrire qui utilisent les dérèglements d’outils technologiques servant au langage pour forcer l’émergence de nouvelles expériences.

« Depuis mes études en arts plastiques au Cégep de Rimouski, le corps humain et la quête de la performance sont très présents, mais c’est surtout lors de ma maîtrise que la problématique s’est précisée », souligne l’ancienne gymnaste.

Caroline a progressivement transposé plusieurs notions liées à son sport dans sa recherche artistique, telles que la mise à l’épreuve du corps, la recherche d’équilibre et de perfection, la compétition et la répétition. « J’aborde ma pratique artistique comme une réflexion sur l’entrecroisement des disciplines de l’art et du sport, en jumelant leurs notions de performance, leurs exploits et leurs échecs. Dans cette démarche, je veux soulever des questionnements sur la quête de performance, tourner en dérision l’obsession de tout faire en même temps et parfaitement », précise-t-elle.

Présenter son travail à Rimouski permet à la jeune artiste de boucler la boucle. Cette dernière est touchée par les commentaires offerts par ses anciens professeurs : « Une manière originale d’aborder l’art et le sport! », « Une façon positive de traiter l’échec qui, dans ce cas, permet de créer une nouvelle expérience. »

En plus d’être nouvellement maman, Caroline travaille déjà sur de nouveaux projets toujours en ligne avec les disciplines sportives et la notion de performance dans un contexte artistique. On risque d’y apercevoir des athlètes en suspension. À suivre…

L’exposition Machines à écrire est présentée au Centre d’artistes Caravansérail jusqu’au 21 décembre.

Découvrir le travail de Caroline St-Laurent : www.carolinestlaurent.com

Les coups de cœur culturels 2013 de Julie!

L’équipe du Paradis crée, consomme et diffuse la culture sous toutes ses formes. C’est avec plaisir que nous vous partageons cette semaine nos coups de cœur culturels 2013! Aujourd’hui, Julie Gauthier, directrice générale du Paradis, dévoile ses trésors de l’année!photo julie

Le documentaire Sur la banquise de Stéphane Lahoud

Un magnifique documentaire qui unit l’univers des pêcheurs d’éperlans de la banquise rimouskoise et Joseph Kieffer, artiste contemporain, qui a créé des girouettes sur mesure pour les cabanes des pêcheurs, inspiré par les histoires racontées par ces derniers. C’est une magnifique rencontre entre deux univers et ça m’émeut de pouvoir assister à cette rencontre où tout le monde en sort plus grand, sans jugement ou impression de voyeurisme.

Le recueil de nouvelles Quand les guêpes se taisent de Stéphanie Pelletier

Un recueil magnifique à l’écriture sensible et très mature. Je me suis sentie si près des mots de Stéphanie que j’ai décidé de travailler à l’adaptation cinématographique de l’une de ses nouvelles. Mention spéciale pour son discours inspirant à la remise des prix du Gouverneur général.

L’expo La chambre aux merveilles d’Émilie Rondeau

Quelle belle idée qu’une exposition en art contemporain pour nos tout-petits. Une belle initiation ludique et interactive qui charme autant les sens des petits que ceux des grands.

Spectacle de Mara Tremblay au Paradis

Moment unique d’émotion! Étant une grande fan du travail de Mara, la voir sur la scène de la salle bleue m’a complètement bouleversée. Il y avait réellement une proximité avec l’artiste. De plus, comme elle agit à titre de porte-parole du Paradis, un projet que je porte avec ardeur et patience, l’entendre parler de la Coop en des termes si inspirants et élogieux m’ont confirmé que j’étais à ma place. Merci Mara!

Combines du GGRIL en tournée O Patro’vys

Expérience singulière, captivante et immersive, un spectacle ludique qui donne beaucoup d’espace aux processus exploratoires, à la recherche et évidemment à l’improvisation. Un moment unique.