Le chant des sirènes farfelues

Par Véronique Lavoie

C’est dans un interlude de tempête que le duo excentrique Garoche ta sacoche a présenté le 15 février dernier, dans la Salle rouge du Paradis, un spectacle à la fois absurde, touchant et complice.

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Cynthia Veilleux et Sonia Brochet ont commencé du bon pied avec leur surénergie pour la chanson « Chu motivée », pour ensuite enchaîner avec des grosses histoires pleines de rebondissements comme Sonia qui dit quelque chose à Cynthia et qui lui répond ayoye s’tune bonnie day. La vraie vie quoi! Elles ont touché à plusieurs genres musicaux en les adaptant à leur image avec, notamment, un volet international « I speak in English » (totalement attachant) et une ambiance de fête avec une adorable petite boule disco multicolore et un remix de chansons de bar où les paroles ont été remplacées par « On s’lâche lousse! » La foule ne s’est pas laissée prier pour rejoindre la fête en avant de la scène. Ayant des personnalités assez théâtrales, les deux musiciennes ont aussi interprété des reprises comme « Bye bye mon cowboy » et « Aimes-tu la vie » au plus grand bonheur des nostalgiques.

Le duo a définitivement su conquérir les cœurs mieux que les fleurs ou le chocolat en ce lendemain de Saint-Valentin. En effet, Cynthia et Sonia ont montré la démultiplication de leurs personnalités avec un appel à l’espoir complètement déjanté où le public entonnait, comme dans une église gospel : « Lâche pas Lola », avec la danse jusqu’à l’infini de Sonia et avec un clin d’œil à la foule, au rappel, avec une chanson qui raconte à quel point elles n’ont jamais vu de spectateurs « aussi hot que ça ». La Salle rouge du Paradis semble réellement dégager une bouffée d’amour, car, encore une fois, comme plusieurs artistes le font, les deux femmes sont descendues au centre de la salle pour jouer, face à face deux chansons. Le public a donc pu voir de près l’immense complicité qui s’émane de ce duo en plus de se laisser envouter par leur chant de sirène.

Bref, ce fut, pour ma part, un concert coloré avec des textes absurdes qui nous touchent droit au cœur grâce aux harmonies frissonnantes de ces deux lauréates du Festival de la chanson de Granby en 2013. Elles auront certainement une belle carrière occupée des pieds aux mains à taper sur leur percussion et à jouer de la guitare pour amuser, mais aussi pour attendrir les gens.

Éric Normand chante

En guise de première partie, Éric Normand, accompagné de deux musiciens a livré une performance unique malgré les titres de ses chansons qui existent déjà comme « Cœur de rockeur » ou « Ô Canada » (quelle idée totalement attachante). Il a d’ailleurs commencé le spectacle, lui aussi, avec une note internationale dans sa question numéro un de voyage : « Are you Canadian? », en poursuivant avec des concepts éclatés comme se faire exorciser au Jean Coutu. J’ai particulièrement adoré les percussions douces qui installent une ambiance à chaque chanson avec des grattements, des frottements et des tambourinements. Bref, pour reprendre Normand dans une de ses reprises, « c’est fatigant d’être beau » ou dans ce cas-ci bon!

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

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