On vote Alaclair High!

Par Véronique Lavoie

En ces temps d’élections provinciales et d’agace printemps, quoi de mieux qu’un post-rigodon pour se remettre sur le piton. Grâce à Alaclair Ensemble et sa prestation dans la Salle Rouge du Paradis le 22 mars dernier, les Rimouskois ont pu danser un slow, sauter sans relâche et bouncer sur le rap coloré, je dirais même fluorescent, du groupe.

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Il était une fois, Alaclair Ensemble qui débarque dans le Bas-Saint-Laurent pour une deuxième fois en carrière. Dévouée à donner un bon spectacle pour ses habitants du Bas-Canada et pour sa gang de minces, la formation commence en force avec Robert Nelson qui arrive sur scène en arborant des lunettes fumées jaunes canari et une chemise digne des vieilles photos de famille pour introduire le spectacle en parlant en anglais. S’en suit un hymne à l’amour avec la chanson « Guerre nucléaire », où le quintette entonne : « Guerre, guerre nucléaire. T’es vraiment un fourreur de mères. » Le ton est donné à la soirée. Il est difficile de décrire cette prestation éclatée où les chœurs se font échos, s’enterrent, s’unissent et se déconstruisent sans cesse pour créer un unisson signé Alaclair. Comme leur chanson finale le disait : « Ça, c’est nous autres! »

Déterminé à donner, et je cite, « deux shows pour le prix d’un », le plancher de la scène a dû s’enfoncer tellement il y avait du mouvement et des déplacements sur celui-ci. Il se passait quelque chose partout où nos yeux pouvaient se poser avec des moments croustillants comme le tendre slow entre Maybe Watson et Robert Nelson, la danse du petit poulet ou la série de push-up.

La foule survoltée semble avoir passé une belle soirée en dansant en ligne, en tapant du pied pour accompagner la voix a cappella de Robert Nelson et en allumant des briquets pour se laisser attendrir par de douces paroles comme : « Pourquoi quand je te vois quelque chose monte en moi. J’ai envie de te dire quelque chose. » Mention spéciale au gars qui portait un magnifique sombrero!

Bref, un spectacle apocalyptique qui me faisait penser aux rêves psychédéliques que l’on fait quand on prend du NyQuil (non la compagnie ne me commandite pas). Je ne dis pas que ce serait parfait, mais ce serait très divertissant d’avoir ce gouvernement du Bas-Canada au pouvoir.

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Au coeur du Paradis!

Par Julie Gauthier

Il y huit ans, je prenais les rênes du plus bel embryon d’organisme qui soit… Le Paradis.

Du haut de mes 24 ans, je suis tombée amoureuse de ce concept résolument novateur que proposait la coop et j’étais impressionnée par l’audace des fondateurs qui, malgré les doutes ambiants, ont acheté l’Audito, le premier théâtre de Rimouski, pour offrir aux organismes et artistes de la région un lieu pour créer et diffuser leur art.

L'Audito en 1962.

L’Audito en 1962.

Passée la nuit de noces, il fallut s’atteler à la tâche. Faire exploser les structures, décloisonner les pratiques artistiques, adopter la double posture d’organisme à but non-lucratif et de Coopérative demande patience et longueur de temps. Il a fallu travailler fort pour faire reconnaître ce modèle, et nous y travaillons encore à chaque jour.

Pendant toutes ces années où le nombre d’activités au Paradis grimpaient et où l’engouement se développait, nous portions un rêve commun : celui de réunir sous un même toit des organismes artistiques dans toutes les disciplines. Les rassembler pour pouvoir partager nos ressources matérielles, humaines, partager nos expertises, nos idées. Pour créer un climat propice à l’émergence de nouvelles idées, aux collaborations. Pour laisser toute la place à une ouverture de l’esprit qui permet de croire qu’il n’existe pas de limite à la créativité et qui mettrait à l’honneur les créateurs de notre région.

Évidemment ce type de projet demande de bons souliers. Parce que la route est longue. Parce qu’il n’existe pas de case, pas de programme, pas de norme. Lentement nous avons vu les gens se rallier, nous soutenir… la population, les artistes, les partenaires financiers. Tout le monde s’est mis à marcher dans la même direction et à y croire. Aujourd’hui nous n’avons jamais été aussi proche d’installer au centre-ville de Rimouski notre Paradis, et ce grâce à tous ces gens qui se sont mis à y croire. J’aimerais  remercier tous ces gens sans n’en nommer aucun de peur d’en oublier. Remercier chacune des personnes qui se sont mis à y croire et qui ont marché avec nous. Tous ceux qui par leurs actions, leurs encouragements, leurs temps ont édifié ce projet qui est en train de laisser sa marque et de créer un précédent dans l’univers culturel.

J’aimerais pour conclure attirer l’attention sur quelque chose qui n’est pas rationnellement humain mais qui a définitivement une âme, l’Audito. Ce vieux bâtiment qui a vu passer entre ses murs la musique de toutes les époques, le cinéma, le théâtre, les arts visuels,  la danse, les rires, les larmes, les drames, les amours passagers ou éternels. Cet édifice qui a été le berceau de cette initiative fantastique qu’est le Paradis. Encore aujourd’hui, quand les lumières s’allument, que l’animation s’élève et que les rires fusent, mes yeux se mouillent. Il y a dans l’air quelque chose de magique et de beau, comme si les murs avaient capté toutes les émotions passés et les distillait dans l’atmosphère.

L’Audito aura bientôt droit à une retraite plus que méritée, mais nous emporterons avec nous ce qui fait qu’on se sent si bien au Paradis, cet endroit où les jugements n’existent pas et où peut s’exprimer toute la créativité des artistes d’ici et d’ailleurs. Nous emporterons avec nous les souvenirs pour se bâtir un futur à la hauteur des ambitions des gens de notre région. Un lieu qui, à l’instar de son prédécesseur, emmagasinera lui aussi toutes les émotions que nous ferons vivre les manifestations artistiques futures, les collaborations, la synergie qui caractérisera ce lieu. Cet endroit qui, dans mon cœur, est déjà mythique puisqu’il est la somme de toutes les personnes extraordinaires qui composent et font vivre le Paradis.

L'équipe du Paradis! Crédit photo : Mathieu Gosselin

L’équipe du Paradis! Crédit photo : Mathieu Gosselin