Trois étoiles et demie!

Par Maxine Binet

Il me fait très plaisir de vous convier à la lecture du premier billet que j’ai la chance de rédiger comme acte de naissance de la chronique Paralœil sur le blogue de la Coop Paradis. Chronique qui sera bien sûr étroitement liée à la programmation du centre.

La Salle bleue, salle de projection de Paraloeil à la Coop Paradis

La Salle bleue, salle de projection de Paraloeil à la Coop Paradis

Une chronique, une idée qui flottait déjà depuis un bon moment dans les têtes à Paralœil, prend forme, l’organisme acceptant de me laisser une place privilégiée pour inviter et inciter les gens de Rimouski et des environs à découvrir toute la beauté que peut offrir le septième art. Ce blogue qui, je crois, accompagnera longtemps la programmation de Paralœil. Je vous proposerai des textes de longueurs variables qui vous aideront, je l’espère, à apprécier davantage les films qui vous seront proposés. Je vous avoue d’emblée mon parti pris favorable à l’égard des films programmés, mon but étant ouvertement de vous amener à venir voir les films, en plus de vous tenir informé de l’actualité reliée à Paralœil et au cinéma. De toute manière, en tant que cinéphile amoureux fou du cinéma, j’estime que mon regard critique servira bien les œuvres déjà judicieusement sélectionnées, les mettant en valeur et en contexte plutôt qu’en faisant, une appréciation au goût, un jugement souvent réducteur. Permettez-moi de me moquer un peu, mais convenons-en, parler d’art en évaluant des œuvres d’art avec des étoiles, c’est absolument grotesque. Ne vous en faites pas, il y a moyen de s’exprimer intelligemment tout en conservant son sens de l’humour. Je ne souhaiterais pas être aride. « Combien d’étoiles, sur cinq, pour le David de Michel-Ange !? »

D’entrée de jeu, ai-je besoin de vous dire à quel point Paralœil est un organisme nécessaire et pertinent, et combien les gens de Rimouski peuvent être fiers de cette institution qui n’a pas à rougir de la comparaison avec les établissements des grands centres urbains.

Sans étirer ce billet davantage, permettez-moi de donner naissance à cette chronique avec ce plaidoyer pour le visionnement d’œuvres en salle. Pourquoi, en 2014, se déplacer pour voir une vue au théâtre plutôt que de rester chez soi à louer un film sur demande – qu’on pourrait tout aussi bien télécharger illicitement sur Internet – pour le visionner sur une télé 50’’, un ordinateur portable ou un téléphone cellulaire ? La question se pose, certes. Je réponds humblement que le cinéma se veut davantage que de consommer des images et des sons. Parce que malheureusement le cinéma, par la télévision surtout, est certainement l’art qui s’est le plus « domestiqué ». Prenons la peinture, n’est-ce pas nécessaire de faire face à l’œuvre dans son format original – parfois miniature, parfois monumental –, avec l’éclat de ses pigments de couleur ou, au contraire, sa monochromie pour en ressentir la/les/des émotions et en prendre la pleine mesure ? Se tenir au pied d’une pièce d’architecture telle que le One World Trade Center ou y être perché tout en haut n’a certainement pas le même effet que d’en voir une image googlée au hasard sur un téléphone (dit) intelligent qu’on tient au creux de la main. En musique, on ne se questionne pas sur l’envie et la nécessité d’assister à des concerts. On se dit peut-être qu’un film, de toute façon, ça demeure un enregistrement. Ce n’est pas faux. Mais quelle sensation que de se terrer dans la salle obscure et de vibrer collectivement, en tant que voyeur impuissant quoique totalement, voire viscéralement, affecté, subjugué, sublimé !

Je vous invite à venir voir les films présentés par Paralœil parce que ce sont des œuvres audacieuses, courageuses, parfois bricolées, souvent abouties, et toujours mues par le désir d’authenticité. Ce sont des films qui respectent l’intelligence de leur public. Ce sont bien souvent des films d’ici – je veux dire du Québec, de Montréal, mais aussi des régions, du Bas-Saint-Laurent entre autres, d’ici vraiment ! Des films qui n’ont pas la place qu’ils mériteraient sur les tribunes. Des films parfois rebelles ou difficiles, et dont on fait l’épreuve, dont on subit la force. Ce sont toujours des films non formatés qui ne se présentent pas avec un mode d’emploi pour qu’on les déchiffre, tels un kit IKEA hollywoodien. Ce sont des œuvres d’art uniques qui viennent avec leur part d’insaisissable, comme les facettes de la vie qui ne se réduisent pas aux conventions – après tout, même Descartes concédait les limites de sa méthode ! Plutôt des films qui attaquent les conventions, jouent avec elles, en font fi ou les oublient simplement d’un geste souverain. Et c’est tant mieux car, avouons-le, nous sentons tous que le formatage des films – mais plus largement de tout ce que la société veut « domestiquer » et marchandiser en industrie culturelle – a quelque peu aliéné notre liberté à apprécier ce qui est pur, ce qui est neuf, ce qui est vrai. Paralœil vous présente des œuvres pour lesquelles on gagne à s’ouvrir.

Je tenais aussi à faire ce plaidoyer car il me semble qu’une des raisons d’être de Paralœil est la communauté, sa communauté. Paralœil n’est pas une business, il ne cherche pas à engranger des montagnes de profits, à se suffir à lui-même. La nuance me semble très importante entre une clientèle qui profite d’un service quelconque, et une communauté qui jouit autant du noyau (qu’est Paralœil) qu’elle le supporte. L’organisme, c’est surtout des gens qui font l’expérience des films, ensemble, et qui partagent leur expérience, qui activent les œuvres en créant un espace de discussion et d’idées, un espace éphémère mais très concret. Nous avons besoin de Paralœil, et Paralœil a besoin de nous.

Ne soyez pas timides. Vous êtes les bienvenus à Paralœil!

À propos de moi : Maxime Binet, j’ai 25 ans. Je suis originaire de Québec, mais j’ai vécu de 2 à 11 ans à Gaspé. J’ai fait mon baccalauréat en études cinématographiques à l’Université de Montréal, de 2008 à 2011, puis j’ai travaillé un peu sur des plateaux de tournages (films, séries, pubs), dans la métropole. Quel bon vent m’amène dans le Bas-Saint-Laurent, me demanderez-vous !? Le vent de Rimouski, que je vous répondrai ! Blague à part, je viens entre autres pour travailler dans le domaine de la télévision. Je suis membre actif en production de Paralœil parce que je trouve que c’est vraiment une belle patente ! Je me suis offert pour rédiger cette chronique – mais aussi d’autres projets, à venir… – parce que j’ai le goût de m’impliquer pour/dans Paralœil. Au plaisir de vous croiser et d’échanger, les soirs de projections !

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Une réflexion sur “Trois étoiles et demie!

  1. Je suis vraiment fière de ce que tu accomplis Max, j’ai toujours su que tu irais vers l’infini (et plus loin encore).
    Tu écris merveilleusement bien, comme tu l’as toujours fait!
    Bonne continuation! xx

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