Random Recipe et sa recette parfaite!

Par Véronique Lavoie

T’sais la fois où tous tes amis te raconte leur soirée et que tu te dis que t’aurais donc dû venir, et bien cette fois c’était définitivement le spectacle de Random Recipe dans la salle Rouge du Paradis le vendredi 30 mai. Mitsou qui apportait des shooters, des spectateurs de l’Angleterre, un moment Sheryl Crow, un medley survolté : voici la recette gagnante du groupe pour vous faire passer un moment complètement déjanté.

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Je me confesse, dès les premières notes de ce spectacle, mon cerveau a explosé : ma main n’arrivait plus à rien noter, elle ne voulait que taper des mains et danser. Random Recipe est le genre de groupe qui inclut son public dans la fête en le gavant d’amour, d’humour et d’intensité. Je n’ai qu’à penser à Frannie qui a embrassé la main de sa plus fervente admiratrice ou qui chantait couchée pendant le rappel et à Fab qui a sauté dans la foule et qui n’a jamais arrêté de danser.

La formation a présenté les chansons de son dernier album Kill the hook, où rap, beat box, voix céleste et électro ne font qu’un. Ma chanson coup de cœur est « Big girl » avec cette certaine arrogance et attitude dans la livraison des textes raps qui se renverse complètement dans le pop pendant le refrain joliment naïf et festif. Autant j’avais envie de me déhancher sur leur musique entrainante, autant je frissonnais au son de la voix enchanteresse, telle une sirène nouveau genre, de Frannie.

Véritable vedette rock, chaque membre du groupe est remonté sur scène pendant que la foule scandait leur nom au rappel. La seule absente : Frannie, qui s’était faufiler dans la foule pour chanter, munie de sa guitare, sur une table avec Fab qui l’a rejointe avec sa bouche intarissable de rythmes, de chuchotements et de mots. La foule, suspendue à leurs lèvres, c’est immédiatement apaisée pour ensuite danser sa vie sur un medley qui regorgeait des classiques de la chanson telles « I like to move it », « Say my name » et « Let’s talk about sex ».

Bref, c’est mon concert coup de cœur au Paradis cette année : je me suis même cherché un talent musical afin de pouvoir les suivre en tournée et les réentendre encore et encore. Faute d’aptitude, je vais plutôt filer sur les routes, le volume à fond, pour me rappeler ce concert excentrique.

Random Recipe se dévoile sans tout révéler!

Frannie de Random Recipe a accepté de répondre à nos questions… parfois indiscrètes! Pour en savoir plus, venez assister au concert de ce soir (vendredi 30 mai à 20h) au Paradis!

Crédit photo : Jérôme Nadeau

Crédit photo : Jérôme Nadeau

D’où vient le nom du band? De l’époque où tout ce qui nous arrivait était complètement « random ».  On se retrouvait dans les situations les plus absurdes. Alors quand nous nous sommes retrouvées sur scène par hasard un soir, on a appelé notre band Random Recipe.

Si vous aviez à rassembler en un seul mot votre style : Random

Votre moment préféré en concert : Quand ça dérape.

Une mauvaise habitude en tournée : L’évidence c’est de dire trop fêter, mais pour être original, on va dire que c’est de toujours toujours toujours partir avec les clefs des hôtels, et de recevoir des bills de clefs à la fin.

La situation la plus inusitée que vous avez vécue en tournée : What happens on tour, stays on tour.

Une pièce que vous auriez aimé composer? L’homme 7up.

Votre expression ou citation préférée : C’pas mêlant, tout est bon ici.

L’artiste qui vous inspire le plus (toutes catégories confondues) et pourquoi? Pierre Lapointe, pour son ouverture, sa folie, sa liberté et son bon goût. Parce qu’il ose et inclut plutôt que de se conformer ou se comparer.

Un secret sur un membre du band que vous n’avez jamais dévoilé : Ça se fait pas.

Votre salle préférée au Québec jusqu’à maintenant : Mouton-Noir de Val-David, Pas Perdus des Îles de la Madeleine.

Faire corps

Par Maxime Binet

Paralœil, en collaboration avec Le Mouton NOIR, vous convie à sa dernière projection de la saison avec le film Le Semeur (2013) de Julie Perron, ce mercredi 28 mai. Le film sera suivi d’une discussion avec la réalisatrice et le semeur Patrice Fortier. Venez nombreux pour clore la programmation sur cette note ensoleillée!

Crédit photo : Courtoisie Les films du 3 Mars

Crédit photo : Courtoisie Les films du 3 Mars

Comme toujours, je tiens tout d’abord à vous parler des deux projections de la semaine dernière. La première projection, un programme de courts métrages rafraîchissant et audacieux issu de La Distributrice de films, distributeur spécialisé dans la forme cinématographique courte. Étaient présentés trois films : Jeu d’enfant (2013) d’Émilie Lemay, La tête en bas (2013) de Maxime Giroux, Quelqu’un d’extraordinaire (2013) de Monia Chokri. La séance était suivie d’un échange avec Dan Karo, distributeur et diffuseur pour La Distributrice. La discussion s’est engagée sur les particularités de la forme courte au cinéma, sa place dans les salles et les festivals, son intérêt pour les créateurs et pour le public, ainsi que les difficultés rencontrées par les distributeurs de films en général et de courts métrages en particulier. Ces films étant faits souvent avec plus de liberté que les longs métrages, il en résulte des objets filmiques tout à fait originaux qui ont le mérite de prendre des risques. De ce dialogue est ressorti que le court métrage est une forme qui, malgré le désintérêt des exploitants de salles commerciales, sait nous offrir de beaux petits bijoux de cinéma !

La seconde projection, celle du documentaire Mes prairies, mes amours (2013) de Chelsea McMullan, nous conviait à la rencontre de l’auteur-compositeur-interprète Rae Spoon. Biographie aux élans lyriques, le film nous a permis d’entrer dans l’univers de l’artiste, évoquant ses tourments à l’égard de son orientation et de son identité sexuelle, de sa famille et de la religion, afin d’être sensible à l’aspect salutaire de sa démarche musicale. Un film sans prétention, inspiré et inspirant ! Le tout était précédé du court métrage Robert Lepage (2009) de Jeremy Peter Allen et d’une prestation musicale ludique d’Éric Normand au banjo.

Une petite mention pour la toujours très populaire ciné-matinée. La prochaine se tiendra ce samedi 31 mai à 10h. Avec la collaboration du Carrousel international de films pour enfants, nous est offert un programme de courts métrages pour tous âges, à partir de 3 ans. Un bloc de 60 minutes de films spécialement concocté pour cette occasion. Le tout est gratuit. Pour le plaisir de chacun !

Paralœil souhaite vous inviter aux diffusions, en première, de ses productions Sortir du Rang : dimanche 8 juin à 13h, à la Salle Anicet-Proulx de Saint-Narcisse ; jeudi 12 juin à 19h30, au Théâtre du Bic ; ainsi que le mercredi 18 juin à 19h30, au Pavillon de la jeunesse de Sainte-Blandine. Une belle occasion de voir les réalisations des jeunes de la communauté !

Et, dernière annonce avant le film dont je souhaite vous entretenir, n’oubliez pas que l’assemblée générale annuelle de Paralœil aura lieu le lundi 16 juin à 17h, à la salle rouge de la Coop Paradis. N’hésitez pas à devenir membre, si ce n’est déjà fait !

Pour le programme de cette semaine, on peut se réjouir de conclure cette belle saison de cinéma avec le film de Julie Perron. Le Semeur, tourné à Kamouraska, nous entraîne dans l’univers de Patrice Fortier, un cultivateur ayant une relation fusionnelle avec la nature. Possédant un savoir encyclopédique et usant de pratiques non conventionnelles exigeant un travail de moine, Patrice Fortier est le témoignage vivant d’un rapport à la Terre noble, excessivement rare dans tout pays industrialisé. Le Semeur est un film tourné à hauteur d’homme et à hauteur de plant(e)s. Ce documentaire nous rappelle qu’il faut réapprendre à s’intéresser à la nature, que jardiner/cultiver n’est pas qu’un hobby ou une industrie, que la provenance de nos aliments – et plus largement de tout ce qu’on consomme – est à la base d’une culture régionale, nationale, continentale. Patrice Fortier, agriculteur et artiste, est un personnage fascinant que la réalisatrice a su croquer avec toute l’énergie qu’il concentre.

Le Semeur, c’est aussi l’occasion d’avoir un aperçu des majestueux paysages de la région. C’est de voir les générations se tendre la main, partager, transmettre, fraterniser, célébrer ! C’est prendre conscience des miracles qui ont lieu perpétuellement dans la nature. C’est le besoin de réapprendre à tisser des liens avec sa communauté dans l’environnement qu’on partage. Le Semeur, c’est le film qui annonce l’été et qui nous donne l’envie de se mettre les mains dans la terre, de redécouvrir le bonheur de planter une graine et d’en faire germer une fleur.

Je parle beaucoup du film, mais la projection comme telle sera surtout l’occasion exceptionnelle d’échanger avec Julie Perron et Patrice Fortier. Alors, que vous soyez cinéphile, cultivateur amateur – ou les deux –, simplement curieux, ou que vous souhaitiez juste terminer la journée en beauté, la projection du Semeur fera votre soirée !

Un beau film d’ici ! Venez prendre part à ce dernier rassemblement à la salle bleue du Paradis, d’ici au mois de septembre, de la communauté de Paralœil. Bonne projection !