L’usine de rêves

Par Maxime Binet

Permettez-moi de revenir, cet automne, à la barre de cette chronique cinéma afin de participer au momentum de cette nouvelle saison rimouskoise de cinéma. C’est avec grand bonheur que l’on peut apprécier la nouvelle programmation de Paralœil qui a été dévoilée récemment. On y compte bien sûr quelques petits bijoux de soirées avec des invités très attendus.

Cette saison automnale démarrera en force, ce soir (mardi 9 septembre), avec la projection de The Congress (2013), la plus récente réalisation d’Ari Folman, le maître derrière le superbe Valse avec Bashir (2008). The Congress  est un objet à la fois somptueux et réflexif. Ses images colorées et cartoonesques toutes fleisheriennes – comme le remarqueront les amateurs de dessins animés – construisent un environnement ludique, en surface, par lequel s’insinue une réflexion critique de l’industrie cinématographique, plus spécialement hollywoodienne (hégémonique), mais aussi du devenir de notre société (hédoniste) qui s’en gave. Ce film qui débute en prise de vue réelle « numérique » – cette spécificité n’est pas anodine – bascule en un instant dans le monde de l’animation. Parce qu’il n’y a qu’un pas à franchir, dans l’univers des codes binaires, entre une image captée et une image crée (de toute pièce) et c’est ce pas que fera l’industrie du cinéma de divertissement, selon Folman.

Cette proposition est mise en récit avec Robin Wright y jouant son propre rôle, c’est-à-dire Robin Wright, actrice mûre dont certains mauvais choix de carrières (re)viennent la hanter malgré une notoriété certaine. Robin Wright, donc, se voit proposer un contrat de 20 ans avec Miramount Studios, véritable pacte faustien, qui stipule qu’elle doit renoncer au droit de disposer de son image(/âme), c’est-à-dire de cesser de jouer dans quelque film que ce soit, sous certaines conditions, et qu’ainsi le studio jouira d’un avatar scanné de celle-ci fixant à jamais son image (donc son âge), afin de l’utiliser pour acter dans les navets qu’ils produiront à la chaîne. J’éviterai d’entrer davantage dans les détails du récit puisqu’il me serait difficile de les exposer sans les expliquer. Je vous dirai seulement que l’histoire qui s’ensuit propose un voyage hallucinant et halluciné dans l’avenir du cinéma/divertissement par le biais de la malléabilité que permet le dessin animé, et que ce voyage est tout sauf ennuyant.

Comme c’est le cas de plusieurs films, dont ceux de la trilogie de La Matrice pour n’en nommer qu’un exemple populaire, le concept de l’univers virtuel versus le réel permet d’installer une trame narrative et, pour notre plus grand plaisir, de développer un monde onirique esthétique à souhait. Car sous la complexité et la lucidité des idées sous-jacentes à cette réalisation ainsi que du regard de désillusion/désolation qui afflige cette proposition, c’est aussi au plaisir de se laisser épater et émouvoir que The Congress convie ses spectateurs.

Bonne première !

À propos de moi : Maxime Binet, originaire de Québec, ayant grandit en Gaspésie et vécu quelques années dans la métropole. J’ai fait mon baccalauréat en études cinématographiques à l’Université de Montréal, il y a déjà quelques années. J’ai travaillé un peu sur des plateaux de tournages (films, séries, pubs). Membre actif en production de Paralœil, je suis nouvellement Rimouskois ! Je me suis offert pour rédiger cette chronique – mais aussi d’autres projets, à venir… – parce que j’ai envie de m’impliquer dans Paralœil. Au plaisir de vous croiser et d’échanger, les soirs de projections !

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