David Giguère l’a dit : « On se croirait au Paradis »!

Par Véronique Lavoie

Cette année, pour la Saint-Valentin, je m’en confesse, j’avais plusieurs Valentins : mon bel amoureux, la pétillante Andy St-Louis, l’envoutante Camille Poliquin et David Giguère avec sa voix enveloppante. Bref, j’ai été gâtée à la salle Rouge du Paradis avec un spectacle où l’amour est touchant, parfois dur, parfois impossible, mais toujours en nous.

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

David Giguère a entamé son spectacle avec la même chanson que sur son dernier album Casablanca (2014) où l’on peut entendre : « faisons des enfants ». Un concept parfait pour la Saint-Valentin qui se complexifie et s’effrite magnifiquement en poursuivant : « Quittons ce navire/tuons nos enfants/Faire gaffe à l’avenir ». Pour sa première visite officielle avec son groupe complet (sa seule performance à Rimouski fût en première partie d’Ariane Moffatt l’an dernier), l’auteur-compositeur-interprète livre sa poésie imagée qui laisse la place au silence rempli de tensions et d’émotions à travers des paroles telles que « désert de papier » ou « une femme/un homme/un fusil ».

Une ambiance planante émanait de la scène notamment grâce au mélange de la voix cristalline de Camille Poliquin (Milk & Bone)  à la voix soul de David Giguère. Le public a pu se délecter de cet unisson, presque divin, lors des chansons plus minimalistes où seuls la guitare et le synthétiseur les accompagnaient. Bien balancé, le spectacle a aussi revisité des pièces du premier album Hisser haut (2012) comme l’« Atelier », qui était parfaite pour la Saint-Valentin. Le batteur, Joseph Perrault, a fait osciller le chanteur et a offert une nouvelle dimension à quelques chansons tirées du premier album avec des rythmes énergiques qui font résonner le cœur. La dernière chanson du rappel, c’est-à-dire « Permettez-moi », a encore réussi à me faire pleurer avec ce petit bout de mélodie d’à peine 1 minute 22 où la tension émotionnelle est chargée d’une douce fatalité.

David Giguère est un gage de pop intelligente et imagée. Avec son dernier album, il livre ses relations complexes avec l’amour qui passe de l’effervescence à la folie. Un opus plus sombre et plus électronique qui m’a complètement charmée en ce 14 février à la COOP Paradis. Je vous le dis, c’est moi qui avais les meilleurs Valentins.

Le guide du parfait Valentin avec Andy St-Louis

Pour sa troisième visite au Paradis, Andy St-Louis a décidé de faire cavalière seule afin de lancer ce spectacle. Avec son « Guide du parfait Valentin », elle a animé un questionnaire entre ses chansons où la foule pouvait remporter de superbes prix comme des bouchons pour les oreilles, un Kinder Surprise ou des chocolats de Noël. Sous un éclairage rose parfaitement de mise, la théâtrale auteure-compositrice-interprète a joué « La bohème », des chansons sur les femmes et une sur les hommes, une chanson grivoise à répondre, sa première chanson sur l’amour et une autre sur une cause qui lui tient à cœur, c’est-à-dire les SPM. Avec sa voix pure qui rugit à l’occasion, Andy St-Louis a définitivement trouvé chaussure à son pied avec le Paradis. Une attachante découverte pour ma part!

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

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L’univers Pop-Cabaret-Sympathique d’Andy St-Louis!

Andy St-Louis, c’est un univers Pop-Cabaret-Sympathique ponctué d’histoires, d’anecdotes, d’un soupçon de vulnérabilité et d’une bonne dose de sourires. Elle foulera les planches de la salle rouge en première partie de David Giguère pour la Saint-Valentin. Découvrez ce petit bout de femme!

Crédit photo : Sophie Lamontagne

Crédit photo : Sophie Lamontagne

Si tu avais à rassembler en un seul mot ton style : Cabaret.

Qu’est-ce qui joue en ce moment dans ta voiture? Duos improbables.

Ton moment préféré en concert : Quand quelque chose d’imprévu arrive. J’adore improviser sur le moment avec le public, ça donne toujours quelque chose d’unique.

Une mauvaise habitude : Ha ha… Je m’arrache la peau des pouces.

Trois choses indispensables dans ta loge : Du papier parce que je fais toujours mon setlist 10 minutes avant le show, du popcorn et des cure-dents pour enlever les grains de popcorn qui restent pognés dans mes dents.

La situation la plus inusitée que tu aies vécue en concert : Le support de mon clavier a lâché en plein milieu de la toune La traversée des Colocs à une St-Jean. Je ne jouais pas dessus à ce moment là, donc on a terminé la chanson et après on a constaté les dégâts, il fonctionnait toujours alors pendant que les gars le remontaient, j’ai fait une chanson à répondre avec le public pour pas qu’il y ait de temps mort.

Une phrase que tu te dis souvent intérieurement juste avant le concert : J’ai envie de caca.

Que fais-tu immédiatement après le concert? Je vais faire caca. NON je vais voir le monde.

Le plus beau commentaire reçu jusqu’à présent pour ta musique : C’est rafraîchissant

Une pièce que tu aurais aimé composer? Shit y’en a une trâlée. Mais disons… Tenir debout de Fred Pellerin.

Ton expression ou ta citation préféré(e) : Saperlipopette. Je le dis jamais mais je trouve que ça sonne bien.

L’artiste qui t’inspire le plus (toutes catégories confondues) et pourquoi? Y’en a pas un seul, mais je vais dire Lisa Leblanc, parce qu’elle a travaillé comme une forcenée pour se tailler une place en musique, et elle est arrivée comme un cheveu sur la soupe avec un style que personne connaissait, elle n’a pas essayé de « faire comme » pour pogner et elle a foncé, simplement.

Ta salle préférée au Québec jusqu’à maintenant : La maison des arts de Drummondville, parce qu’il y avait deux pianos à queue et qu’on avait arrangé la grande scène comme un cabaret. LE RÊVE.

Qu’est-ce qui te choque? Te fait rire? T’émeut? Te fait peur? L’injustice / 20th century fox à la flûte à bec / Les musiques de films (Quand je pleure dans un film… c’est presque tout le temps à cause de la musique) / Les zombies

Qui te donne le plus d’espoir pour la société de demain? Des initiatives comme Coule pas chez nous. Quand des gens des régions qui se lèvent pour protéger leur terre, et que ça donne des résultats… Ça restaure ma foi en l’humanité.

Tous ensemble avec Hôtel Morphée!

Par Véronique Lavoie

Laurence Nerbonne, du groupe Hôtel Morphée, a promis une vraie de vraie soirée rock, collée et sexy le 31 janvier dernier, à la salle Rouge du Paradis. Et bien, vous saurez que la formation québécoise n’est pas une menteuse et tient ses promesses!

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Dès la première chanson, Hôtel Morphée impose son propre rock avec une ambiance onirique due à la voix en écho de la chanteuse, les cheveux en bataille et le regard ténébreux, qui scande : « j’ai trouvé du sang sur les draps ». Le ton est donné : ce groupe possède sa voix.

Avec son album Rêve Américain (2014), le groupe a présenté à la foule des chansons où des thèmes communs comme l’amour, le sexe, la folie sont revisités à merveille. Par exemple, une chanson sur l’amour qui se termine sur une note naïvement jolie : « je t’amènerai pêcher, même si ça m’emmerde ». Bien entendu, la populaire chanson Dernier jour fut entonnée par bon nombre dans la salle au rythme des déhanchements.

Hôtel Morphée offre une prestation intense où chaque mot prononcé est pleinement mordu par la chanteuse. Ce groupe montréalais qui marie synthétiseur, guitare électrique, batterie, violon et batterie électronique, mélange les genres pour créer un hybride rock et pop en français.

Avec des titres comme « Milliers de gens » et « Je reviendrai », cette musique, ces paroles, cet unisson, découlent, pour moi, de deux thèmes majeurs pour la formation, soit survivre et se retrouver. Le titre Rêve Américain, illustre bien ces deux tendances et l’album met la lumière sur cette génération francophone contemporaine.

La finale de ce spectacle, digne d’un jam en pleine effervescence, le genre de moment où une complicité est presque palpable, a mélangé le groupe et la foule qui scandait le refrain de la chanson « Soigne-moi ». Un apogée des deux thèmes récurrents de la formation.

Bref, Hôtel Morphée a l’art de la scène tatoué dans la peau et sa performance en hypnotise plus d’un.

Une prestation groovy

En première partie d’Hôtel Morphée, la foule a eu la chance de découvrir le trio louperivois Divanlit. Le groupe a livré une performance bien accueillie et qui plait à tous avec son mélange de rock alternatif, de funk et un peu de blues. Abordant des thèmes comme la folie, l’amour, le jeu des masques et le temps qui passe, c’est le cas de le dire, la première partie a passé très vite. Leurs courroies de guitare et de basse trahissent leur petit côté bon enfant avec un motif de vache et une autre entièrement recouverte de long poil gris. La chanson « Syndrome du nombril » illustre bien d’ailleurs cette ambiance et vous pouvez même visionner leur vidéoclip sur Youtube.

Crédit photo : Mathieu Gosselin

Crédit photo : Mathieu Gosselin